Graisse abdominale : une injection qui détruit les cellules graisseuses suscite un nouvel espoir

Votre ventre ne se résume pas à la graisse que vous pouvez pincer entre les doigts. Derrière les muscles abdominaux se trouve aussi la graisse viscérale. Son accumulation est associée à un risque accru de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. C'est à cette graisse qu'une équipe s'est intéressée en étudiant le CBL-514, développé par l'entreprise taïwanaise Caliway Biopharmaceuticals. Présentés au congrès 2026 de l’Association européenne pour l’étude du diabète, ses résultats ouvrent une piste prometteuse : agir directement sur la durée de vie des cellules graisseuses.
Réduire le nombre de cellules graisseuses plutôt que leur taille
Lorsque l'on perd du poids avec un régime classique ou certains traitements, les cellules graisseuses, ou adipocytes, diminuent de volume mais restent présentes, prêtes à se remplir à nouveau. C'est l'un des fameux engrenages de l'effet yo-yo. Le CBL-514 suit une autre logique : déclencher leur apoptose, autrement dit leur mort programmée, sans altérer les autres cellules. En les éliminant physiquement, le traitement espère limiter la quantité de graisse capable de se recharger par la suite.
Le produit avait déjà montré des effets sur la graisse sous-cutanée. Dans un essai randomisé de 76 participants, publié en 2025 dans Aesthetic Surgery Journal, près de 70 % des personnes traitées avaient perdu au moins 150 millilitres de cette graisse abdominale huit semaines après le dernier traitement, contre aucune sous placebo. Ce résultat ne concernait toutefois pas la graisse entourant les organes.
La localisation de votre graisse pourrait affecter vos capacités mentales, selon une étude
On sait que l’obésité impacte le fonctionnement du cerveau, mais une récente étude va plus loin : ce n’est pas seulement la quantité de graisse qui compte, mais aussi sa localisation dans le corps. En fonction de l’endroit où elle s’accumule, les effets sur la structure cérébrale et les capacités cognitives pourraient différer. Décryptage.... Lire la suite
La nouvelle analyse cherche justement à savoir si les effets vont au-delà de cette couche superficielle.
Une baisse de graisse viscérale mesurée à l’IRM
Les chercheurs ont repris les IRM de participants à deux essais de phase 2. Selon le communiqué de Caliway Biopharmaceuticals, le sous-groupe comprenait 41 personnes au départ : 23 sous CBL-514 et 18 sous placebo. Quarante disposaient de données au suivi à huit-douze semaines. Leur indice de masse corporelle était compris entre 22 et 30 : elles n'étaient donc pas toutes en surpoids.
Après des injections sous la peau du bas-ventre, les scientifiques ont mesuré la graisse viscérale dans une région précise, entre deux vertèbres lombaires, L2 et L3 :
- quatre semaines après le dernier traitement, diminution moyenne de 12 %, contre une hausse de 5,7 % sous placebo ;
- huit à douze semaines après le dernier traitement, diminution de 10,5 %, contre une hausse de 11,8 % sous placebo.
Éliminer certaines cellules graisseuses pourrait-il limiter le retour des kilos perdus ? Chez le rat, le CBL-514 a réduit la reprise de poids après l’arrêt de la tirzépatide, un traitement contre l’obésité. © fizkes, Adobe Stock
Un espoir contre la reprise de poids, encore à éprouver
Réduire le nombre de cellules graisseuses pourrait-il aussi aider à conserver les bénéfices d'un amaigrissement ?
Chez le rat, l'association du CBL-514 à la tirzépatide, un traitement de l'obésité, a limité la reprise de poids après l'arrêt de cette dernière. C'est une piste intéressante pour les personnes confrontées aux kilos qui reviennent, mais cet effet n'a pas encore été démontré chez l'humain.
Car le véritable enjeu dépasse la simple apparence. Comme le souligne le professeur Garvey : « Nous pensons que les patients seront satisfaits des effets esthétiques, comme un ventre plus plat grâce à la réduction de la graisse sous-cutanée. Mais ce sont la réduction du poids corporel, la diminution de la graisse viscérale et les améliorations de la tension artérielle, du cholestérol et autres paramètres qui devraient en découler qui seront importantes pour la santé. »
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Vous culpabilisez à chaque kilo repris ? Et si l’effet « effet yoyo » n’était pas l’ennemi juré de votre santé ? Une étude scientifique vient bousculer les idées reçues. Même lorsque la balance remonte, votre organisme, lui, pourrait garder en mémoire les bénéfices des régimes passés. De quoi regarder vos tentatives de perte de poids sous un tout nouveau jour et, peut-être, vous réconcilier avec vos efforts.... Lire la suite
Cette petite analyse, présentée en congrès, ne démontre pas encore une prévention du diabète ou des maladies cardiovasculaires. Le CBL-514 reste un médicament expérimental : d'autres études devront déterminer si cette baisse de graisse se maintient et apporte des bénéfices réels pour la santé.
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