L’intelligence artificielle s’invite au Salon du livre de la Péninsule acadienne

L'utilisation de l’intelligence artificielle en littérature fait couler beaucoup d'encre et cette problématique est devenue la question de l'heure au 23e Salon du livre de la Péninsule acadienne, en fin de semaine à Shippagan.
Le monde littéraire a récemment été secoué par les allégations voulant que Thélyson Orélien ait eu recours à l'IA pour rédiger C'était ça ou mourir.
Le recours à cette technologie en littérature préoccupe-t-elle les amoureux de la littérature en Acadie?
Les participants au Salon du livre de la Péninsule Acadienne, samedi, semblaient plutôt indifférents à la place qu'occupe l'IA dans le monde littéraire.

La littérature jeunesse est toujours bien représentée au Salon du livre de la Péninsule acadienne.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Joëlla Thibodeau est venue acheter les premiers livres pour son jeune garçon, dans l’espoir de lui donner le goût de la lecture.
L’intelligence artificielle n’est pas aussi bonne que les vrais livres en papier. Moi, ça ne m'inquiète pas. Je ne pense pas que l’intelligence artificielle va pouvoir passer ça
, croit-elle.
Lucie Marceau trouve que le salon est l’endroit idéal pour gâter ses petites filles. Elle doute elle aussi que l'IA puisse un jour être aussi créatif que l'humain.
Je crois que les auteurs ont déjà plein d’idées qui fourmillent dans leurs têtes. Ils n’ont pas besoin de l’intelligence artificielle
, est-elle persuadée.
Les éditeurs sur leurs gardes
Si les lecteurs semblent jusqu’à maintenant indifférents face à une éventuelle présence de l’intelligence artificielle dans la littérature acadienne, les éditeurs sont déjà sur leurs gardes.
Je pense qu’il faut qu’on se protège comme éditeur, surtout
, dit Jacques Ouellet, propriétaire des Éditions La Grande Marée.

Les lecteurs semblent peu se préoccuper pour l'instant de la présence de l'intelligence artificielle dans des livres.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Il va falloir modifier probablement nos contrats d’édition, ajouter une section qui prouve que l’auteur qui nous présente un manuscrit, ce n’est pas quelque chose qui a été fabriqué par l’intelligence artificielle
, dit-il.
Chez Bouton d’Or Acadie, on affirme qu’il n’y a aucune intelligence artificielle dans les livres présentés par la maison d'édition.
Et comme le dit le mot, c’est une forme d’intelligence qui est artificielle, précise la directrice littéraire et générale Marie Cadieux.
C’en est rendu dans les grands extrêmes. On a bien vu les débats récents. Mais en même temps, c’est pas mauvais parce que ça fait prendre conscience au grand public qu’il y a des enjeux autour de l’intelligence artificielle
, soupèse-t-elle.
Un sujet qu’il faudra affronter
Au Salon du livre de la Péninsule acadienne, le sujet fera éventuellement partie des prochaines réflexions de la direction générale, prétend la présidente Lisette Cormier-Noël.

Lisette Cormier-Noël est la présidente du 23e Salon du livre de la Péninsule acadienne, présenté à Shippagan.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
On ne voulait pas se prononcer encore parce qu’on se dit qu’on va attendre de voir ce qui va se passer, comment les gens vont réagir à tout ça. Mais on s’est donné comme mission de regarder pour 2027 comment on va adresser le tout
, avoue-t-elle.
Une réflexion s'impose vu l'omniprésence de cette technologie.
C’est la nouvelle réalité du jour. On n’a comme pas le choix d’y penser parce qu’on le voit dans toutes les sphères de la vie. Donc, c’est sûr que ça va affecter les lecteurs aussi. Donc, c’est quelque chose qu’on veut réellement bien réfléchir
, laisse-t-elle savoir.
Le 23e Salon du livre de la Péninsule acadienne se termine dimanche.
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