De Wever prêt à démissionner ? "Tout le monde autour de la table doit se rendre compte qu’il est prêt à lâcher le poste", selon Dorian de Meeûs

Les discussions autour du budget fédéral semblent continuer à traîner au niveau du gouvernement. Après l’abandon de la TVA, il semble que le dialogue ait pu reprendre, mais pas pour tout le monde. Les Engagés et Vooruit semblent, à leur tour, montrer des réticences. Ils reprochent notamment un manque d’efforts proposés pour les épaules les plus larges et à l'inverse, une demande plus contraignante pour les soins de santé.
Une situation que dénonce Dorian de Meeûs : "Si tout le monde continue à vouloir avoir ses trophées, et ne pas lâcher ses tabous, on n’y arrivera pas".
Un manque de leadership chez Bart De Wever ?
Au-delà des désaccords sur le contenu des mesures budgétaires, c’est aussi la méthode du Premier ministre qui suscite des interrogations. Dorian de Meeûs reproche à Bart De Wever son manque de leadership, qu’il considère comme un frein aux négociations : "Alors qu’il a été très fort sur le plan européen avec les dossiers Euroclear. Ici, chaque fois qu’il fait une proposition, il se fait quasiment dégommer dans la demi-heure par les différents vice-premiers qui sont autour de la table. Et il n’est évidemment pas aidé par un sniper professionnel qui est Georges-Louis Bouchez et qui, de loin, tire dès qu’il peut".
Martine Duboisson nuance ces propos, en rappelant les efforts du Premier ministre ces dernières semaines, sur la TVA mais aussi qui a permis à "enlever Georges-Louis Bouchez et le MR du coin". Elle reproche néanmoins au nationaliste flamand d’avoir remis la question de la TVA sur la table cette année, alors que ce sujet a toujours été bloqué par le MR.
Une décision qui ne relève pas d’une concession, mais d’un blocage, ajoute le chef éditorial de La Libre : "Il s’est rendu compte qu’il ne pouvait rien obtenir s’il gardait ça sur la table. Il a bien dû venir avec d’autres idées qui, évidemment, déplaisent à d’autres partenaires qui, du coup, trouvent que la pilule est un peu grosse à avaler".
© Nicolas Maeterlinck via Belga Images
Le budget fédéral, décisif pour l’image du Premier ministre
Après presque deux ans au pouvoir, le Premier ministre a encore beaucoup à prouver. La cheffe adjointe du service politique du journal Le Soir rappelle que Bart De Wever a construit sa carrière sur sa capacité à assainir les finances et mettre de l’ordre. Un pari qu’il a réussi dans sa ville d’Anvers et qu’il doit maintenant porter au fédéral : "S’il n’y arrive pas, c’est toute une partie de son image qu’il a patiemment construite au fur et à mesure des années, qui sera écornée".
La possibilité d’une démission du Premier ministre ne doit désormais pas être sous-estimée, estime le rédacteur en chef de La Libre : "Il ne va pas se faire humilier comme Alexandre de Croo l’a été par le passé. Ce n’est pas du tout la même personnalité". Il est important, selon lui, que "tout le monde autour de la table se rende compte qu’il est prêt à lâcher le poste".
Pour l’instant, Bart De Wever a encore le respect et la confiance de ses partenaires, malgré les interrogations sur sa méthode. Une démission représenterait également un risque important pour le Premier ministre, qui a beaucoup à perdre dans cette hypothèse : "Il reste tout à fait conscient du risque majeur sur le plan financier que court la Belgique si elle n’arrive pas à mettre son portefeuille, ses comptes en ordre".
► Écoutez ci-dessus l’intégralité de cette discussion dans le podcast de Matin Première.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.