Face aux géants américains, la France et l'UE cherchent à développer un leader de l'IA souveraine

L'intelligence artificielle peut-elle nous être nocive ? Le débat a été relancé ces dernières semaines depuis la démission d'un chercheur d'Anthropic. Pourtant, l'IA se déploie à toute vitesse. Près de 90 % des entreprises l'utilisent. Dans le monde de l'IA, le secteur cherche à profiter de cette révolution technologique sans laisser ses données, ses infrastructures et ses outils entre les mains des géants américains ou chinois.
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L'Assurance maladie, le ministère de l'Intérieur, L'Agence spatiale européenne... Les clients de Suadeo, entreprise française spécialisée dans la data, sont des publics sensibles. Il fallait donc trouver des solutions pour utiliser l'IA sur leurs données sans nécessairement les envoyer vers les grands modèles américains.
« La souveraineté, c'est le sujet le plus important du moment pour la France et l'Europe. La souveraineté, c'est quoi ? C'est d'abord faire confiance à la force vive de ce pays. Il y a dans ce pays des gens brillantissimes. Il faut laisser venir les nouveaux entrants », explique Azzeddine Bendjebbour, président et fondateur de Suadeo, au micro de notre journaliste Alice Froussard, au salon du Big Data et de l'IA à Paris.
Il le précise : être souverain, ce n'est pas uniquement faire le choix national, c'est surtout garder une liberté de choix. C'est aussi une manière de ne pas dépendre uniquement des acteurs non européens, précise Wafaa Amal de Prisme AI, une start-up française qui développe des intelligences artificielles génératives pour les entreprises.
« C'est important parce qu'aujourd'hui, avec le contexte géopolitique, on se retrouve dans des dépendances technologiques très fortes qui font que du jour au lendemain, on peut se retrouver à ne pas pouvoir servir nos clients parce qu'on a été dépriorisé par tel ou tel fournisseur, notamment américain ou chinois », remarque-t-elle.
Tous le précisent : cela prendra du temps. Il faut que les gouvernements suivent et que les entreprises et la société s'adaptent car la souveraineté ne s'achète pas, elle se construit.
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