EDITO. "Cancer, les nouveaux traitements qui changent tout"

"L'espoir enfin", c'est l'éditorial du rédacteur en chef du mensuel Mathieu Nowak, extrait de Sciences et Avenir n°957, notre numéro daté novembre 2026. Le magazine est disponible dans tous les points de vente habituels.
La couverture de Sciences et Avenir 957
Crédit Sciences et Avenir
Ce n’est pas tous les jours que les médecins utilisent le mot « révolution ». Encore moins qu’ils se lèvent pour applaudir un résultat lors d’un congrès scientifique. C’est pourtant ce qui s’est passé à Chicago, en mai dernier, à l’annonce des résultats d’un nouveau traitement contre le cancer du pancréas. « Cela fait seize ans que je soigne des patients atteints d’un cancer du pancréas. Quand j’ai découvert ces résultats, j’en ai pleuré dans mon cabinet », confiait Rachna Shroff, oncologue à l’université de l’Arizona (États-Unis).
L’apparition des premiers médicaments conçus par IA annonce une révolution
Permettre à des patients atteints d’un tel cancer de vivre deux fois plus longtemps, ce n’est pas encore guérir. Mais qu’un tel progrès soit possible contre l’un des cancers les plus redoutables suffit à raviver l’espoir de parvenir un jour à contrôler durablement la maladie. L’été dernier, nous nous interrogions : « Et si on guérissait tous les cancers ? » (S. et A. n° 953-954). Fabrice Barlesi, directeur général de Gustave-Roussy (p. 48), affiche aujourd’hui l’ambition de guérir 80 % des patients d’ici à 2040, contre à peine la moitié dans les années 1990.
Les progrès thérapeutiques sont immenses et l’apparition des premiers médicaments conçus par intelligence artificielle annonce une nouvelle révolution. Mais à quoi sert de savoir traiter si le malade s’ignore ? « C’est une folie de ne pas se faire dépister », lance Fabrice Barlesi.
Et pourtant, la France est loin d’être exemplaire. Un Français sur trois participe au dépistage du cancer colorectal, contre près d’un sur deux en moyenne en Europe et 74 % en Finlande. Pour le cancer du sein, seules 47 % des femmes participent au dépistage organisé, contre 58 % en moyenne en Europe et 82 % au Danemark. À quoi bon révolutionner les traitements si nous ne faisons pas tout pour détecter la maladie à temps ?
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.