À Amsterdam, le musée Van Gogh consacre une grande rétrospective au peintre James Whistler

Il a peint sa mère de profil, en gris et noir, et en a fait une icône. Il a traîné en justice le plus grand critique de son temps, et a gagné. Le flamboyant James Whistler a ouvert la voie à l'art moderne. À Amsterdam, le musée Van Gogh lui consacre sa plus grande rétrospective européenne depuis 30 ans. « Whistler. Dandy and Disruptor », une exposition à visiter jusqu'au 10 janvier au musée Van Gogh.
Une vieille dame en robe noire, assise de profil, devant un mur gris. Pourtant, c'est l'un des tableaux les plus célèbres du XIXe siècle. Cette femme a l'air sévère, les mains posées sur ses genoux, c'est Anna, la mère de James Whistler.
Cette œuvre, il ne l'appelle pas Portrait, mais Arrangement en gris et noir, car selon lui, un tableau ne doit pas reproduire le réel, mais créer une harmonie, comme l'explique le commissaire Edwin Becker : « Les paysages servent à avoir des idées spirituelles. Les portraits sont comme des apparitions, une sorte de rêve. Ce n'est pas moral, pas sociopolitique : c'est vraiment l'art pour l'art. »
Plus loin, voici les Nocturnes : la Tamise, la nuit. Un feu d'artifice se réduit à quelques points lumineux. En 1866, Whistler est au Chili, quand la flotte espagnole bombarde Valparaiso. « Les bateaux à Valparaiso, c'est une guerre. Mais lui en fait quelque chose de poétique : il sort du contexte guerrier et crée de l'intemporel avec un minimum de moyens pour pouvoir exprimer quelque chose de vraiment touchant au cœur. Pour moi, c'est quelqu'un qui questionne toujours la position de l'art, son importance pour notre vie, qu'est-ce qu'on peut apprendre de lui. Il ne s'agit pas seulement de la joie quand on regarde un tableau, mais aussi de se mettre à l'intérieur de soi-même et de réfléchir sur la vie, sur l'art et sur l'importance de l'art pour la vie », souligne Edwin Becker.
On cherche le décor, qui s'est comme dissous dans la toile. À l'époque, le public ricane, comme il se moque des contemporains de Whistler : les impressionnistes. Mais d'autres ont compris. Vincent van Gogh, qui partageait sa passion pour les gravures japonaises, admirait ses œuvres. Ses contemporains accusaient Whistler « de jeter un pot de peinture » à la face du public. Mais comme Van Gogh, il a gagné contre l'oubli.
À lire aussiExposition: James McNeill Whistler à l'honneur au Musée d'Orsay
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.