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Thursday, October 8, 2026

Gare aux «biais culturels» de l’IA, met en garde le chien de garde des langues officielles

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Même si l’intelligence artificielle (IA) a le potentiel de donner un coup de pouce au bilinguisme officiel du Canada, cette technologie n’est pas pour autant la meilleure amie du respect du français, rappelle la commissaire aux langues officielles du Canada.

« Nous savons que l’utilisation de l’intelligence artificielle peut provoquer des biais linguistiques et culturels, puisque ces outils peuvent s’appuyer sur des ressources en ligne principalement anglophones », a déclaré jeudi la commissaire Kelly Burke, entrée en fonction en février.

Son tout premier rapport annuel recommande de fournir une formation aux fonctionnaires visant à déceler ces « biais culturels linguistiques » qui peuvent émerger de l’utilisation des outils d’IA mis à leur disposition. Elle insiste pour dire que l’usage de l’IA ne devrait en aucun cas empiéter sur le respect des droits linguistiques.

Elle illustre le concept de « biais linguistiques », par l’exemple d’une requête à un robot conversationnel d’une liste des dix meilleurs auteurs canadiens, et dont la réponse ne serait constituée uniquement d’auteurs anglophones. « La question aurait peut-être dû inclure : “quels artistes bilingues” », a-t-elle ensuite précisé en point de presse.

Kelly Burke rappelle que la Loi sur les langues officielles « s’applique en tout temps », et ne peut pas être contournée par souci d’efficacité ou de rapidité. Les outils d’IA que développe le gouvernement ou encore les formations aux fonctionnaires doivent être disponibles en français, par exemple.

« Dans un contexte formel, une personne compétente devrait encadrer l’emploi de ces outils, afin d’éviter des lacunes flagrantes comme des erreurs de sens, de typographie, de conjugaison, de terminologie, de grammaire, de contexte, voire de brouiller les codes et les référents culturels », rappelle-t-elle.

Son rapport rappelle aussi que le gouvernement fédéral est régulièrement blâmé pour ses manquements à ses obligations en matière de langues officielles au travail. La seconde et dernière recommandation consiste à exiger une formation aux gestionnaires, ceux qui doivent en théorie superviser les employés dans la langue de leur choix.

Le Commissariat aux langues officielles du Canada a reçu 4110 plaintes recevables en 2024-2025, un volume qualifié de « très stable » d’une année à l’autre. Le printemps 2026 a cependant été marqué par une avalanche de plaintes du public en réaction à une vidéo du président et chef de la direction d’Air Canada, Michael Rousseau, à la suite d’ un accident mortel survenu à l’aéroport LaGuardia, à New York.

Même si c’est la nouvelle commissaire Kelly Burke qui a présenté le dernier rapport annuel, jeudi, l’essentiel des enquêtes et des conclusions est l’œuvre de son prédécesseur, Raymond Théberge.

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