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Monday, October 19, 2026

En Ouzbékistan, Marco Rubio pousse l’avantage américain

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Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a plaidé lundi à Samarcande, en Ouzbékistan, pour des partenariats renforcés avec les pays d’Asie centrale et assuré que les États-Unis comptaient bien y renforcer leur présence, dans un mélange de diplomatie et de commerce.

Arrivé la veille au soir à Samarcande, ville emblématique de la Route de la Soie, naguère au carrefour du commerce entre l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient, M. Rubio a visité la célèbre place du Régistan, avant de participer à des réunions bilatérales et conjointes dans le cadre du C5 + 1, une plateforme d’échanges avec le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan.

« Les États-Unis souhaitent être un partenaire fort en Asie centrale », a déclaré Marco Rubio à des journalistes, avec en toile de fond l’ancienne Madrasa devenue site touristique classé par l’Unesco.

Il a mis en avant la présence à Samarcande d’une délégation commerciale de près de « 300 » entreprises américaines.

Le département d’État a indiqué en fin de journée que les États-Unis avaient conclu avec l’Ouzbékistan plus d’une cinquantaine de contrats d’un montant de 12 milliards de dollars dans les domaines de la technologie, de la modernisation industrielle, des transports et de l’énergie notamment.

Interrogé par l’AFP pour savoir si cela avait pour objectif de contrer l’influence chinoise grandissante dans la région, il a répondu : « C’est une compétition ».

« Il n’y a aucun endroit au monde où nous estimons que les États-Unis et les entreprises américaines ne devraient pas avoir la possibilité de rivaliser à armes égales », a affirmé M. Rubio.

L’objectif affiché de cette tournée éclair en Asie centrale, qui amènera ensuite le chef de la diplomatie américaine en Inde mardi et mercredi, est de parler diplomatie et affaires.

Mais elle intervient alors que les négociations concernant les guerres en Ukraine et en Iran sont dans l’impasse, donnant l’impression que M. Rubio, qui est également conseiller à la sécurité nationale, délaisse les dossiers chauds du moment, les laissant aux émissaires du président Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner.

Interrogé sur le regain de tensions avec l’Ukraine, le secrétaire d’État américain a affirmé, lors de cette même conférence de presse, qu’il n’y avait eu « aucune pause » dans le partage de renseignements avec Kiev, tout en appelant le président ukrainien Volodymyr Zelensky à « se concentrer » sur la manière de « mettre fin à la guerre ».

Pékin en embuscade

Le président américain avait accueilli en novembre de l’année dernière à la Maison Blanche les dirigeants des cinq ex-républiques soviétiques d’Asie centrale aux gouvernements largement autoritaires.

Washington avance ses pions sans d’ailleurs soulever la question des droits humains dans ces pays, qui constituent un territoire vaste comme l’Union européenne pour seulement 80 millions d’habitants, avec d’immenses réserves de matières premières.

Dans un communiqué conjoint, ces pays et les États-Unis se sont engagés « à faire en sorte que l’Asie centrale retrouve sa place au cœur de l’économie mondiale » notamment en développant la route commerciale transcaspienne.

Aussi surnommée le « corridor médian », cette voie alternative, partant de Chine pour traverser l’Asie centrale, le Caucase, la Turquie et atteindre les pays européens, qui la soutiennent pour contourner la Russie.

Elle fait l’objet d’un « intérêt accru depuis l’invasion russe de l’Ukraine », note la Banque mondiale : les volumes ont augmenté de 668 % entre 2021 et 2024, d’après les données officielles.

Traverser l’Asie centrale réduit les temps de livraison et évite des itinéraires plus risqués — maritime via la mer Rouge et le canal de Suez encombré, ou terrestre par la Russie, compliqué par les sanctions occidentales.

Mais ces infrastructures sont pour l’instant largement financées par la Chine.

Les pays d’Asie centrale demeurent certes liés à Moscou par des réseaux énergétiques, migratoires et sécuritaires, mais l’influence russe s’érode encore davantage depuis le début de la guerre en Ukraine, notamment au profit de la Chine.

Pékin est ainsi le principal partenaire commercial de toutes les républiques d’Asie centrale. Les entreprises chinoises signent un nombre croissant d’accords dans le secteur de l’énergie, cherchant par exemple à s’approvisionner en gaz naturel au Turkménistan, en uranium au Kazakhstan et en terres rares au Tadjikistan.

Les États-Unis ont également fait des minéraux critiques et de la diversification énergétique des axes majeurs de leur politique étrangère.

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