Scandale au PLQ | Cogeco et Jonathan Trudeau mis en demeure à cause de l’histoire des « brownies »

La députée caquiste sortante Alice Abou-Khalil met en demeure Cogeco et son ex-chroniqueur Jonathan Trudeau pour le tort causé par l’histoire des « brownies » au Parti libéral du Québec (PLQ), dont l’existence n’a pas été prouvée. Elle déplore avoir été « faussement » associée à ce scandale et exige un demi-million de dollars ainsi qu’une « rétractation publique » de la part de Cogeco et M. Trudeau.
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Des textos internes révélés par Le Journal de Montréal le 19 novembre 2025 sous-entendaient que des membres du Parti libéral auraient reçu un « brownie » – une référence à un billet de 100 $ – en échange d’un vote pour Pablo Rodriguez durant la course à la direction du parti. Aucune personne impliquée n’était nommée dans l’article.
Toutefois, dans la foulée de la publication, le chroniqueur Jonathan Trudeau a déclaré au 98,5 FM que deux députés de Laval – la députée caquiste de Fabre, Alice Abou-Khalil, et la députée libérale de Chomedey, Sona Lakhoyan Olivier – étaient à l’origine de ces textos. Elles avaient tout nié en bloc.
« Malgré cette contestation publique, les propos diffusés par M. Jonathan Trudeau ont directement associé le nom de notre cliente aux messages textes au cœur de la controverse », plaident Joseph Daoura et Tarik-Alexandre Chbani, avocats de Mme Abou-Khalil.
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
La députée sortante de Fabre, Alice Abou-Khalil, en compagnie de l’ex-premier ministre François Legault, en 2022
Après plusieurs mois d’enquête, autant l’Unité permanente anticorruption (UPAC), le Directeur général des élections du Québec que l’enquêteur indépendant et ex-juge Jacques Fournier n’ont pas pu établir l’existence d’un stratagème de brownies durant leurs enquêtes respectives.
Contrairement à Sona Lakhoyan Olivier, blâmée pour avoir utilisé son bureau de circonscription à des fins partisanes pendant la course à la chefferie du PLQ, Alice Abou-Khalil n’a été mise en cause dans aucun de ces rapports.
Des conséquences multiples
L’élue sortante de la Coalition Avenir Québec avait déjà mis en demeure Cogeco ainsi que Jonathan Trudeau le 20 novembre 2025 pour qu’il se rétracte au lendemain de la diffusion de ces allégations.
Dans cette nouvelle mise en demeure, en plus du montant de 500 000 $ réclamé, Mme Abou-Khalil exige que Cogeco et M. Trudeau se rétractent publiquement avant le 12 octobre prochain, 17 h, en admettant que les propos diffusés étaient « erronés » et préjudiciables à son endroit. Toutes les publications de Cogeco associant la députée et le scandale doivent aussi être retirées, demande-t-elle.
Cette histoire des brownies a porté atteinte « à sa réputation, son intégrité, sa dignité et son honneur » et a affecté « son bien-être et son état général ». La situation a aussi eu des répercussions familiales et professionnelles, affirme-t-elle. Députée de Fabre depuis 2022, Alice Abou-Khalil a annoncé en avril ne pas se représenter aux élections provinciales de 2026.
Au moment où Mme Abou-Khalil quitte la vie politique et retourne sur le marché professionnel, « ces allégations sont susceptibles de porter atteinte à sa crédibilité professionnelle et d’avoir de graves répercussions sur ses perspectives de carrière », précise la mise en demeure.
Jonathan Trudeau mis en cause
La députée caquiste sortante accuse Jonathan Trudeau d’avoir failli à ses « obligations déontologiques ». « Avant d’associer publiquement [Alice Abou-Khalil] aux échanges litigieux, M. Jonathan Trudeau aurait dû disposer d’éléments suffisamment fiables justifiant une telle affirmation », avancent ses avocats.
Il s’agissait de bien plus qu’une « simple critique politique ou d’un commentaire sur les activités publiques » de la députée, « puisqu’ils étaient susceptibles de laisser faussement croire qu’elle avait participé » à l’achat de votes en faveur de Pablo Rodriguez lors de la course à la direction du PLQ.
Les conséquences du préjudice allégué ont été décuplées en raison de la grande portée de la radio de Cogeco, ajoutent-ils.
Par ailleurs, après six ans chez Cogeco Média, Jonathan Trudeau s’est retiré des ondes en juin et travaille dorénavant à la firme de relations publiques Tact à titre de vice-président. Cogeco s’est abstenu de commenter vendredi en fin de journée.
« Nous avons reçu cette mise en demeure et nous en prendrons connaissance », a simplement déclaré par courriel Christine Dicaire, directrice principale, communication et marketing chez Cogeco Média.
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