Essai Hyundai Ioniq 3 : cette citadine à prix d’or cache une excellente surprise à bord

Inster, Ioniq 5, Ioniq 9… Hyundai cumule en ce moment les bons points côté électrique. Dernière trouvaille de la marque, la Ioniq 3 sera-t-elle une énième pépite ou brisera-t-elle malencontreusement la série ? Direction la région bordelaise pour le vérifier.
C’est un détail tout bête qui fait franchement la différence : presser brièvement le bouton du régulateur de vitesse convoque une fenêtre sur l’écran central. Cette dernière permet de couper toutes les alertes irritantes en un clin d’œil. Idéal pour lancer notre essai dans Bordeaux, où la Hyundai Ioniq 3 se sent comme un poisson dans l’eau. Les 4,16 mètres de long facilitent en effet la conduite de cette citadine, au même titre que la direction, particulièrement légère.
Seule la visibilité s’avère au final compliquée, notamment vers l’arrière où la lunette scindée en deux n’était clairement pas la meilleure idée du siècle. Par chance, la caméra 360° peut aider, même si elle n’arrive que sur les finitions les plus hautes. Sur les dos d’ânes, la coréenne révèle un amortissement assez ferme renforcé par les jantes de 19 pouces de notre finition N Line Evo. Les suspensions pilotées ne peuvent améliorer le confort, car inexistantes.
Un écran XXL révolutionnaire mais un brin étouffant
À l’inverse, le mode One Pedal s’avère idéal avec plusieurs niveaux de régénération. Une récupération adaptative est également de la partie en réagissant selon le tracé et les conditions de circulation. La formule n’est pas traître et fonctionne plutôt bien, même si on apprécie davantage une régénération fixe histoire de ne pas se faire surprendre. Ce qui surprend en tout cas, en bien, est le système d’infodivertissement, revu de la tête aux pieds.
Voici Pleos Connect reposant sur Android Automotive pour une expérience autrement plus efficace qu’auparavant. Réactivité et résolution de la dalle de 14,6 pouces sont à des années lumières supérieures. Jackpot ? Pas complètement, car Hyundai a trouvé bon de surcharger l’affichage d’informations pas toujours utiles. Visuellement, on étouffe ! Et le store permet encore de complexifier l’ensemble en ajoutant pléthore d’applications.
Assistant Gleo : l’intelligence artificielle s’invite à bord
L’autre nouveauté concerne l’assistant vocal Gleo. Boosté à l’intelligence artificielle, ce dernier peut tenir des conversations, tant qu’elles ne se montrent pas trop techniques. Heureusement que tout n’est pas uniquement concentré dans l’écran tactile. Des commandes physiques permettent en effet de gérer le confort thermique et le multimédia. D’autre part, nombre de données peuvent être déportées sur l’afficheur de 9,9 pouces face au conducteur, personnalisable.
Après s’être échappé du centre-ville, il est temps de tailler un bout de l’autoroute A10, à 110, puis 130 km/h. Les bruits d’air remontent assez rapidement malgré les vitres feuilletées à l’avant comme à l’arrière. La consommation aussi : avec 20 kWh/100 km en instantané à pleine vitesse, la Ioniq 3 est plutôt efficiente, mais forcément plus gourmande que sur route. Merci au Cx de 0,263, qui a guidé cette silhouette bizarroïde.
Finition décevante et comportement routier : le grand écart
L’intérieur est plus conventionnel, avec de beaux rangements sur la planche de bord côté passager et sous la console centrale. La qualité de finition n’est par contre pas en accord avec le prix de la bête. Si cela ne fait pas toc, on aurait apprécié plus de soin dans le choix des matériaux. Une bretelle de sortie nous fait quitter la voie rapide pour les petites départementales. La coréenne est-elle au niveau dans les courbes ?
Disons qu’en tournant le volant, elle vire bien du bon côté. Le roulis est léger, mais la direction demeure un peu trop flottante pour réellement s’acharner, y compris en mode Sport. De toute manière, les 135 ch et 250 Nm de couple de notre modèle n’ont jamais promis le grand frisson. Et sans être atroce, le ressenti à la pédale de frein n’est pas parfait. Mieux vaut ralentir avec le freinage régénératif qui est mieux géré.
Un tarif haut de gamme difficile à avaler
Cela bénéficiera à la consommation, qui descend à 14 kWh/100 km à rythme coulé. Pas mal, même si l’on n’est pas au niveau des meilleures. Visez une version standard aux roues plus petites et aux formes moins alambiquées pour abaisser encore l’appétit. Et le prix, car à 43 595 €, notre Ioniq 3 N Line Evo est très chère. Par rapport au modèle de base Trend à 29 995 €, l’effort tarifaire est énorme.
L’autonomie passe de 344 à 497 km et l’équipement est bien plus fourni, certes. Mais l’écart devient trop important pour ce genre de véhicule. Direction Branne en bordure de la Dordogne pour un arrêt photos. C’est le moment parfait pour vérifier l’espace intérieur, plutôt accueillant avec de la marge aux genoux et un plancher plat. La banquette arrière n’est en revanche pas assez haute pour assurer une position confortable.
Un arsenal technologique royal mais au prix fort
La connectique est intéressante avec deux prises USB-C et une prise 250 V cachée sous les assises. L’ambiance est sombre en raison des surfaces vitrées réduites et du plafond bas aux places arrière. Avec 322 litres, le coffre est petit. Mais Hyundai nous a indiqué que le rangement sous le plancher offre 119 litres supplémentaires, ce qui porte le total à 441 litres. Malin, même si l’on doute que beaucoup utiliseront ce fameux espace bonus…
En matière d’équipement, cette Ioniq 3 fait fort avec de beaux raffinements comme une sellerie mixte tissu/suédine, un toit panoramique, une sonorisation Bose, une clé numérique, des feux matriciels à LED, un chargeur USB-C 100 W et une pompe à chaleur. Dans la tradition Hyundai, donc, même si le prix s’en ressent. Pour la même somme, on peut en effet toucher les Volkswagen ID.3 Neo et Renault Mégane haut de gamme !
Recharge : le soufflé retombe un peu
Heureusement que l’auto est éligible aux aides de l’État grâce à sa fabrication turque. Car côté recharge, on ne retrouve pas non plus le génie des autres Ioniq. Pas de plateforme 800 V et une puissance limitée à 110 kW en courant continu DC. Peu, même si la marque promet un 10 à 80 % en 29 minutes. En courant alternatif AC, on grimpe d’office à 22 kW, ce qui est ici très bien.
Arrivé dans les coteaux bordelais, il est temps de dresser le bilan. Pour sûr, la Ioniq 3 séduit indéniablement par son écran tactile au goût du jour, son efficience toute calculée et son équipement richissime. Hélas, son prix devient assez improbable en version de pointe, et la qualité intérieure ne suit pas réellement, au même titre que la conduite, juste aimable, et la recharge, restant sagement dans la moyenne. En haut de gamme, les ID.3 Neo et Mégane sont donc plus indiquées. En version d’accès, cela pourrait en revanche se discuter…

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Hyundai Ioniq 3 N Line Evo 61 kWh
43 595 €
7.5
Verdict
7.5/10Les plus
- Le style différenciant
- La consommation contenue
- L’infodivertissement à jour
- L’équipement riche
Les moins
- Le prix élevé
- La qualité de finition passable
- La recharge rapide basique
- La conduite sans relief
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