Quand les cafards cyborgs viennent à notre secours

Comment repérer et secourir les sinistrés lors de catastrophes ou de tremblements de terre dans des zones rendues difficiles d’accès ? Plus efficaces que les drones et les robots, il y a les cafards. Des cafards cyborgs équipés de capteurs et de caméras, et même d’une mini trousse d’urgence administrable à distance.
Des cafards cyborg pour explorer les décombres et sauver des vies. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, cela fait une vingtaine d’années que les bioroboticien y travaillent. L’avantage des insectes et en particulier des blattes ou cafards, c’est qu’ils sont assez petits pour se faufiler partout et assez grands pour être équipés d’électrodes de capteurs et de caméras télécommandées à distance. Ils sont aussi très robustes, particulièrement agiles et résistants, capables de porter jusqu’à une fois et demie leur poids, ils s’adaptent à tous les terrains et aux pires conditions tout en consommant bien moins d’énergie que des robots artificiels. Les cafards cyborgs sont donc apparus comme une alternative prometteuse pour rechercher, repérer et secourir les victimes de catastrophe naturelle dans des zones inaccessibles ou dangereuses.
Mais au-delà de la localisation des survivants, y aurait-il des interventions vitales que ces cybercafards pourraient réaliser ? C'est le défi que s’est lancé le bioroboticien Thang Vo Duan, avec son équipe de l’université de Queensland en Australie. Il a réussi à concevoir des cybercafards secouristes, équipés de caméras et d’un dispositif d’injection télécommandé à distance, pour administrer des médicaments de première urgence.
Comment est-ce possible (même si ça peut paraitre rebutant) d’être secouru et soigné par des cybercafards ?
Les bioroboticiens se sont inspirés d’une blatte fouisseuse géante vivant dans le nord du Queensland pour développer ce qu’ils ont appelé dans leur étude parue le 5 août dernier dans la revue Advanced Science : les paraborgs. Des insectes paramédicaux cyborgs qui fonctionnent en équipe. L’un porte une mini-caméra intégrée pour filmer l’état des victimes tandis que les autres blattes cyborg sont équipées d’un mécanisme d’auto-injection, sorte de mini-aiguille ou seringue télécommandée et supervisée à distance par un humain. Et le plus fort, c’est que ça marche en laboratoire, du moins. Le médicament liquide administré par la blatte a atteint sa cible dans 90 à 100 % des cas.
Et personne n’a souffert, en tout cas pas les cafards qui ont été anesthésiés pour fixer les électrodes et les microprocesseurs et ont repris le cours normal de leur vie de blatte après leur intervention de secouriste. « Plutôt que de construire un seul robot multitâche », a expliqué le bio-roboticien sur le site de Wired, « nous pouvons exploiter les forces naturelles des différents insectes et les équiper en fonction des missions. » À noter que d’autres bioroboticiens inventifs de l’université technologique de Singapour et de l’université Waseda au Japon ont aussi développé cet été une mini-combinaison de plongée, avec réserve d’oxygène intégrée adaptée à ces grandes blattes cyborg afin qu’elles puissent aussi mener des opérations de recherche et de sauvetage lors d’inondations, dans les égouts ou en milieu sous-marin. Jusqu'où les cybercafards pourront-ils nous sauver ?
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.