Élections locales en Afrique du Sud: un nouveau test pour l'ANC marqué par l'érosion de son électorat

Les citoyens sud-africains sont appelés aux urnes, ce mercredi 4 novembre, pour des élections locales. Plus de 500 partis sont enregistrés auprès de la Commission électorale, pour tenter de remporter les quelque 10 000 sièges de conseillers municipaux. Il s’agit d’un nouveau test pour le Congrès National Africain (ANC), marqué par le désamour et l’érosion de son électorat.
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Avec notre correspondance à Johannesbourg, Claire Bargeles
Le parti historique de Nelson Mandela voit son score reculer scrutin après scrutin ces dernières années : il avait engrangé moins de 46 % des voix lors des municipales de 2021.
À leur échelle, les villes et leur gestion cristallisent les reproches de mauvaise gouvernance et de corruption faits à l’ANC, avec des municipalités qui peinent bien souvent à fournir les services publics de base.
D’autres formations espèrent tirer leur épingle du jeu, comme l’Alliance démocratique (DA) qui rêve de reconquérir Johannesburg, ou le parti de Jacob Zuma, le MK, qui tente de s’imposer à Durban et dans la région.
Formation de coalitions
Mais avec la fragmentation de l’espace politique, les différentes forces en présence seront sans doute obligées de former des coalitions là où il n’y aura pas de majorité absolue. Une situation déjà synonyme d’instabilité dans plusieurs grandes villes, mais les partis qui forment le gouvernement au niveau national pourraient se servir des leçons apprises au sein de la coalition menée par l’ANC depuis 2024.
Dans le KwaZulu-Natal, fief de l’ancien président Zuma, la xénophobie a pris une place considérable dans la campagne. Dans une province marquée par de nombreuses attaques et manifestations anti-étrangers, la plupart des partis politiques - notamment le MK de Jacob Zuma, reprennent la rhétorique contre les étrangers pour obtenir des voix.
Je me cache parce que j’ai reçu des messages de menace. J’ai partagé ces messages à des amis, qui m’ont dit que ma vie était en danger et qu’il fallait prendre des mesures pour me protéger. Alors aujourd'hui je vis à 18 kilomètres de Durban, au moins le temps que les élections passent. Et tout le monde est dans cet esprit de se cacher, à cause des attaques dans la province.
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[Reportage] La xénophobie comme argument de campagne
Valentin Hugues
Beaucoup d’électeurs pourraient aussi baisser les bras et ne pas voter : selon un sondage d’Afrobarometer, ils sont plus de 70 % à n’avoir que peu ou pas confiance en leurs conseils municipaux.
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