Hébergement touristique | Le plan de la Ville contre les Airbnb illégaux prend du retard

Près d’un an après l’élection de Soraya Martinez Ferrada, on ne sait toujours pas quand le règlement encadrant l’hébergement touristique sera modifié dans la métropole. Et déjà, l’application que veut créer la Ville afin de serrer la vis aux locateurs en infraction prend du retard.
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« On ne veut pas aller mettre en place quelque chose pour le détruire juste après. […] En ce moment, on est à la croisée des chemins », résume la cheffe de section pour l’hébergement touristique à la Ville, Korinne Foucher.
Lors de la campagne électorale, l’an dernier, Mme Martinez Ferrada s’était engagée à « s’aligner » avec certaines municipalités comme Québec et Sherbrooke, où les citoyens peuvent mettre en location leur résidence principale pour un maximum de 90 jours par année, peu importe à quel moment.
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La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada
Mais près de 12 mois plus tard, rien n’est encore concrétisé. Jusqu’à nouvel ordre, c’est toujours le règlement de l’ex-administration Plante qui s’applique. Celui-ci proscrit les locations touristiques dans une résidence principale en dehors d’une fenêtre estivale allant du 10 juin au 10 septembre.
En entrevue, Mme Foucher appelle les Montréalais à la patience. « Il y a des réseaux organisés. Ce n’est pas juste un propriétaire qui décide de louer », dit-elle.
La plupart du temps, ça se déroule dans de grands bâtiments, avec plusieurs stratagèmes, comme de faux baux avec des locataires qui signent un bail et qu’on ne revoit plus jamais. C’est très complexe.
Sans s’avancer sur un échéancier précis, la haute fonctionnaire promet toutefois des annonces « sous peu » à ce sujet.
« Notre cible de 90 jours, ça ne sera pas non plus une solution miracle, mais ça donnera au moins de la flexibilité aux gens, comme les snowbirds qui partent l’hiver par exemple. Pour que ça fonctionne, il faudra toutefois inciter le plus de gens possible à obtenir leur permis en bonne et due forme », prévient-elle.
Déjà des délais à prévoir
On sait déjà qu’un des projets phares de la transformation du règlement Airbnb aura du retard. Il s’agit de la nouvelle application, liée au 311, qui donnerait plus d’outils et d’indicateurs aux inspecteurs de l’escouade contre les Airbnb illégaux. Promise pour l’automne, elle ne sera finalement pas disponible pour les employés avant le printemps.
On est toujours en développement à l’interne, donc ça devra attendre encore, mais on sera prêts pour la prochaine saison estivale en 2027.
En annonçant l’arrivée de cette nouvelle application, au mois d’avril dernier, Soraya Martinez Ferrada avait évoqué un système « basé sur des amendes ». « S’ils sont reconnus coupables, les gens pourraient être bannis de la location pendant un certain temps. Ça va être beaucoup plus dissuasif de ne pas être légal », avait-elle ajouté.
Son entourage soutient aujourd’hui vouloir « bien faire les choses », sans se presser à livrer une plateforme pour respecter l’échéancier initial. « Ce n’est pas simple, cette machine-là. Il faut s’assurer de bien préciser toutes les complexités », résume Mme Tessier.
Pour l’instant, la Ville invite les citoyens à continuer d’utiliser la plateforme 311 pour déclarer des habitations non conformes ou faire une plainte. Une catégorie spécifique y est d’ailleurs réservée aux Airbnb illégaux.
L’opposition tape du pied
Dans l’opposition officielle à l’hôtel de ville, la cheffe de Projet Montréal, Ericka Alneus, réclame plus de transparence de l’administration dans le dossier.
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Ericka Alneus, cheffe de Projet Montréal
« J’espère que la mairesse est consciente que plus ça traîne, plus il y a des attentes qui ne sont pas comblées. On a une promesse brisée en ce moment », déplore Mme Alneus en entrevue téléphonique.
À ses yeux, la Ville doit être honnête avec la population si la tâche est plus grande que prévu.
Ça fait un an que ça dure ! On nous a dit que ça irait rapidement, mais on attend toujours. Et pendant ce temps-là, plus on a d’hébergement touristique illégal, moins on peut loger de monde.
En ce moment, ajoute l’élue municipale, « le règlement qu’on a fait dans le dernier mandat, c’est le seul rempart contre l’hébergement touristique illégal ». « Peu importe ce que deviendra le règlement, la réalité, c’est que ça nous prend plus d’inspecteurs. Et là, on n’a rien pour l’instant », conclut Mme Alneus.
Du côté d’Airbnb, le gestionnaire des politiques publiques au Canada, Louis-Martin Leclerc, se dit « fermement engagé envers Montréal ». Il dit vouloir « collaborer de façon constructive avec Soraya Martinez Ferrada et son administration afin de permettre aux Montréalais de louer leur résidence à l’année, tout en soutenant les communautés locales et l’économie touristique ». L’entreprise sollicite depuis un moment une rencontre avec la mairesse, en vain.
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