50 ans des CPAS : "D’ici quelques années, il y aura plus de gens indemnisés par les CPAS que par l’assurance chômage"

Ces réformes successives qui visent à décharger d’autres branches de la sécurité sociale, retombent directement sur les CPAS. Ces organismes qui ne devaient, au départ, servir qu’en dernier recours, deviennent donc le plus gros rempart contre la précarité. En effet, de nombreuses personnes éjectées des autres services, ne peuvent plus se tourner que vers les CPAS. Avec pour conséquence, un vrai changement de modèle souligne le professeur en droit de la sécurité sociale, Daniel Dumont : "Ça change complètement la place des CPAS dans l’architecture globale de notre système. D’ici quelques années, si les transferts du chômage se poursuivent, il y aura plus de personnes indemnisées par les CPAS que par l’Office National de l’Emploi, qui s’occupait de l’assurance chômage au niveau fédéral. C’est un renversement complet de paradigme pour les CPAS, qui les place, à mon avis, dans une position intenable à cadre inchangé."
Concrètement, ces réformes ont aussi pour effet de localiser l’aide sociale au niveau communal. Une dynamique qui va à l’encontre de ce que préconise la littérature, souligne encore Daniel Dumont. "La littérature comparative montre que les systèmes de protection sociale les plus robustes, les plus efficaces dans la lutte contre la pauvreté, dans la réduction des inégalités, sont des systèmes plutôt universels, des systèmes qui situent le cœur des protections au niveau des grandes assurances sociales et des protections universelles, plutôt que dans le filet de dernier ressort."
► Découvrez aussi l’histoire du développement des CPAS en écoutant l’entièreté du podcast des Clés ci-dessus ou sur Auvio.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.