Duhaime évoque Duplessis à son entrée au Parlement
Les députés du caucus conservateur ont été assermentés jeudi au salon Rouge. Un moment qualifié d’« historique » par Éric Duhaime, qui a souligné que ça ne s’était pas vu depuis plus de 90 ans à l’époque de Maurice Duplessis.
« Le Parti conservateur est de retour à l’Assemblée nationale ! », a lancé avec enthousiasme Éric Duhaime au terme d’un long discours au salon Rouge. « Aujourd’hui, on écrit une page d’histoire dans un livre qui compte déjà plusieurs chapitres. Celui des bleus, ces nationalistes de centre droit qui ont fait avancer le Québec au fil des décennies à l’intérieur de la Confédération canadienne. »
Le dernier caucus nommément « conservateur » à siéger à l’Assemblée nationale a été assermenté en 1935 avant la fondation de l’Union nationale de Maurice Duplessis.
D’autres politiciens d’idéologie de droite sont certes passés par le salon Bleu depuis — au sein de l’Action démocratique du Québec (ADQ) notamment. Mais Éric Duhaime a tenu à souligner les bons coups du régime Duplessis dans son discours.
« Bien que critiqué à certains égards, c’est assurément l’un des premiers ministres les plus autonomistes et les plus marquants de notre histoire puis il a développé l’économie du Québec », a-t-il déclaré.
« C’est grâce à lui si le Québec a adopté le Fleurdelisé qui est, quant à moi, le plus beau drapeau du monde. Puis il a fait un gain des plus importants pour l’autonomie financière du Québec, c’est-à-dire l’impôt sur le revenu provincial, qui a donné une source de revenus autonome à l’État québécois. »
« Les Québécois ne nous demandent pas d’être parfaits. »
Dans son discours, M. Duhaime a beaucoup insisté sur « l’autonomisme » de son parti, au point d’en parler davantage que de ses autres thèmes fétiches comme la réduction de la taille de l’État. Il n’a par ailleurs fait aucune mention du projet de troisième lien.
« Les Québécois nous demandent, nous au Parti conservateur du Québec, de reprendre le flambeau autonomiste. C’est le flambeau d’un nationalisme décomplexé, sans compromis, ancré et assumé au centre droit. »
Il en a aussi profité pour interpeller ceux qui lui prédisent des tensions internes en raison de l’historique de certains de ses candidats. « À ceux qui salivent déjà de nous voir faire des gaffes et commettre des erreurs, j’ai un message pour vous : bien oui, on va en faire. C’est tout à fait normal. On est un groupe parlementaire qui est presque parti de rien. Les Québécois ne nous demandent pas d’être parfaits. »
La veille, en entrevue au Devoir, le whip du parti, Renaud Labrecque, avait toutefois prévenu ses collègues qu’il n’y aurait plus de place pour les propos irrespectueux maintenant qu’ils sont députés.
De Josée Verner à Claire Samson
Les conservateurs étaient le dernier groupe d’élus à être assermentés depuis l’élection. Seule leur élue dans Champlain, Adriana Szalontai, n’a pas pu prendre part à la cérémonie en raison d’un dépouillement judiciaire.
En plus des familles et des proches, d’anciens députés et ministres du Parti conservateur du Canada (PCC) étaient sur place, comme Steven Blaney, Josée Verner et Sylvie Boucher.
Mme Verner, qui avait présidé la campagne électorale du PCQ en 2022, a dit voir dans l’élection de ce caucus la suite logique de la percée faite par le PCC dans la région de Québec il y a 20 ans.
L’ancienne députée de la CAQ Claire Samson, qui s’était ralliée à Éric Duhaime en 2021, était aussi de la fête. « Si j’ai un conseil à leur donner, c’est : soyez dans vos comtés ! », a-t-elle dit, avant d’ajouter qu’elle n’avait toutefois pas de recommandations à leur faire en matière de discipline, parce qu’elle n’en « avait jamais eu ».
En plus de remercier Mme Verner et Mme Samson, M. Duhaime a remercié dans son discours ses anciens partenaires du Réseau Liberté Québec (RLQ), Johanne Marcotte et Ian Sénéchal. En 2010, les trois avaient créé ce mouvement pour faire la promotion des idées libertariennes et remettre en question le modèle québécois.
Pour M. Sénéchal, le PCQ qui fait son entrée au Parlement est en droite ligne avec le RLQ. « Quand on regarde les conférences, les événements qu’on tenait à l’époque, c’est la base intellectuelle des politiques publiques qui sont un peu aujourd’hui dans le PCQ. »
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