La Chine se positionne sur la reconstruction du Soudan

Même si la guerre se poursuit au Soudan, la bataille économique de l’après-guerre a déjà commencé. La Chine négocie des accords dans les ports et l’électricité avec le pouvoir, soutenu par l’armée. Une façon de prendre de vitesse ses concurrents dans un pays dévasté et sans véritable marge de négociation.
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Avec notre correspondante à Pékin, Clea Broadhurst
Alors que la guerre fait toujours rage au Soudan, la Chine négocie déjà des contrats pour la reconstruction du pays. Premier terrain convoité par les entreprises chinoises: les ports. En juillet, l’entreprise publique China Harbour Engineering a signé un protocole pour moderniser les installations existantes et en construire de nouvelles.
Ensuite, les firmes chinoises lorgnent sur le secteur de l’électricité. Siyuan Energy doit évaluer les centrales endommagées et fournir transformateurs et sous-stations mobiles. Hunan Construction envisage, elle, des projets hybrides.
Ces accords prolongent une histoire ancienne. Dès les années 1990, la Chine avait investi dans le pétrole soudanais, bâti des oléoducs et la raffinerie de Khartoum. Mais la partition du pays, puis la guerre, ont considérablement réduit cette présence.
Pékin revient aujourd’hui au moment où le pouvoir, soutenu par l’armée, manque d’argent, d’infrastructures et de partenaires. En juin, la Chine a aussi effacé cinquante millions de dollars de dette soudanaise, un soutien précieux, mais qui peut permettre aux entreprises chinoises de négocier des conditions très avantageuses.
Prudence toutefois. L’accord portuaire n’est encore qu’un protocole, sans financement ni calendrier. Le pari chinois reste donc ambitieux, mais politiquement et financièrement risqué.
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