Face aux émeutiers, il faut des policiers formés par l’armée : Théo Francken veut créer le gendarme 2.0

Au lendemain des violences qui ont émaillé les manifestations d’étudiants, en France mais aussi en Belgique, Théo Francken remonte le temps pour trouver la solution. Selon le ministre de la Défense les policiers ont besoin de soutien pour affronter les violences urbaines "et le soutien doit venir, je pense, des unités mobiles qu’on a eues dans le passé avec la gendarmerie, où des hommes qui travaillent pour la police sont formés militairement par la défense et peuvent faire des manœuvres et des tactiques vraiment contre les émeutes". Ce gendarme 2.0 serait sous la tutelle du ministère de l’Intérieur.
Demander plus d’argent pour notre police, c’est pas évident avec notre budget, alors il faut être créatif.
Théo Francken, N-VA
Mais pourquoi repêcher le concept de l’ancienne gendarmerie ? Selon Théo Francken, l’armée est mieux formée pour le contrôle des foules ou crowd control que la police. Le crowd control consiste à encadrer les grands rassemblements afin d’éviter les bousculades, les rixes et les émeutes. "Nous avons beaucoup d’expérience. On l’a déjà fait dans les pays baltes, dans les Balkans, au Kosovo et ailleurs", affirme-t-il. Pour Théo Francken, il va de soi qu’une brigade aux accents militaires serait un atout dans le contexte actuel où "les casseurs sont de plus en plus agressifs".
En outre, la création d’un corps de gendarmes aurait l’avantage d’étoffer le pourcentage du PIB dédié à la défense. Selon l’engagement pris par les pays de l’Otan en juin 2025, 5% de leur PIB devra être consacré à la défense et la sécurité à l’horizon 2035. "Demander plus d’argent pour notre police, c’est pas évident avec notre budget, alors il faut être créatif", souligne-t-il.
Si c’est inventer un énième corps, c’est ridicule.
Philippe Close, PS
Le projet est une ébauche mais déjà en pourparlers avec le ministre de l’Intérieur. Elle ne fait pas l’unanimité au sein des syndicats policiers. Elle ne convainc pas non plus l’opposition, le PS par exemple. Pour le bourgmestre socialiste de la ville de Bruxelles, Philippe Close, qui a dû faire face à des troubles en marge des manifestations, "si c’est inventer un énième corps, c’est ridicule. On a déjà assez de corps de police et surtout on a des professionnels dans la police. Franchement, ils connaissent mieux les techniques de maintien de l’ordre que des militaires. Chacun doit avoir son boulot. Le militaire est là pour défendre la nation, l’État. Pour l’ordre [00 : 04 : 36.456] public, c’est le boulot de la police. L’armée, c’est autre chose. On n’est pas dans un état de guerre civile".
Par ailleurs, le ministre de la Défense évoque des enquêtes sur le rôle joué par les réseaux sociaux et l’intervention éventuelle venue de l’étranger pour attiser les violences urbaines : "C’est clair qu’il y a des chaînes de médias sociaux qui sont là pour déstabiliser le pays […] Il y a des enquêtes qui se déroulent, on va voir. Mais c’est qu’il y a des phénomènes qui sont un peu bizarres, ça c’est sûr".
Outre la guerre hybride, la menace d’une attaque militaire par la Russie contre des pays membres de l’OTAN est envisagée par le chef de la Défense belge, le général Frederik Vansina. Mais le ministre de la Défense tempère : "On doit calculer toujours toutes les options, ça c’est sûr, mais je ne pense pas qu’on va avoir une attaque russe immédiatement. C’est clair qu’on va avoir plus d’actions de sabotage, d’agressions cyber et tout, ça c’est clair".
Ce que je sais c’est que Bart préfère être bourgmestre à Anvers qu’être Premier ministre de ce pays.
Théo Francken, N-VA
Le gendarme 2.0 n’est pas encore ordre de marche. C’est aussi le cas du budget. A ce propos, le ministre de la Défense estime que "ce n’est pas facile de gérer ce pays en ce moment et je pense qu’il (Bart De Wever, ndlr) doit être respecté. Et ne pas respecter Bart, c’est problématique". Et de souligner : "Ce que je sais c’est que Bart préfère être bourgmestre à Anvers qu’être Premier ministre de ce pays. Alors je ne pense pas que ça va mettre beaucoup de pression sur ses épaules s’il doit démissionner", même si Théo Francken enchaîne ensuite rapidement qu’il ne doit pas parler en son nom.
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