Le conflit au Yémen pousse de plus en plus de personnes sur la route de l'exil vers Djibouti

Les réfugiés en provenance du Yémen continuent d’arriver sur les côtes de Djibouti. Ils étaient plus de 2 000 rien que ce week-end, selon le ministre de l’Économie djiboutien. Depuis jeudi 10 septembre, les Houthis - groupe armé soutenu par l’Iran - se sont emparés de plusieurs localités sur la côte du Yémen. De nombreux civils ont donc pris des embarcations de fortune pour traverser le détroit de Bab el-Mandeb.
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Avec notre correspondante dans la région, Gaëlle Laleix
« J’étais dans un petit bateau avec deux autres familles. Il y avait neuf enfants à bord. Ma fille aînée s’est blessée pendant la traversée », explique à l’Unicef, Amal, maman de six enfants, arrivée dimanche 13 septembre, à Djibouti.
Une trentaine de kilomètres séparent les côtes yéménites et djiboutiennes. Il faut une à trois heures pour effectuer la traversée, mais pour des petits bateaux de pêche surchargés, c’est une autre histoire. « Il y a beaucoup de femmes et d’enfants. Ils sont épuisés et très déshydratés », explique Alexandre Coissac, chef de la mission de l’Organisation internationale des migrations (OIM) à Djibouti.
Il y a beaucoup d’enfants et de femmes. Je suis étonné de voir le nombre de petits enfants. Il y a beaucoup qui ont fait le voyage de nuit. Il faut plusieurs heures souvent, pour atteindre Obokh. On voit des tout petits bateaux de pêcheurs et puis des bateaux beaucoup plus importants. Hier, nous avons vu un bateau arriver avec plusieurs centaines de personnes dedans, donc il faut imaginer l’état de stress, quand ils arrivent à Obokh. La première chose qu’i ls nous demandent la plupart du temps c’est de l’eau, de l’eau et de la nourriture. Les autorités, au niveau de Djibouti et au niveau regional, Obokh, ont tout mobilisé pour leur apporter un support. […/…] Le problème, c’est que la capacité maximum a été atteinte. Il nous faut absolument des fonds. Il faut s’assurer que les autorités de Djibouti ne se sentent pas toutes seules aujourd’hui.
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Alexandre Coissac, chef de mission de l’OIM à Djibouti
Gaëlle Laleix
C’est à Obock, petit port de pêche de la côte Nord du pays que les réfugiés sont accueillis. Les autorités ont mis en place un centre d’enregistrement et fournissent les premiers secours. La plupart des réfugiés sont ensuite hébergés par des familles de la ville. « Mais on a déjà atteint la capacité maximale », se désole Alexandre Coissac.
Aujourd’hui Djibouti en appelle donc à la solidarité internationale. « Le nombre de réfugiés augmente d’heure en heure », insiste sur X, Ilyas Dawaleh, ministre de l’Économie. « Déjà confronté aux graves conséquences de la crise du détroit d’Ormuz, Djibouti ne peut pas assumer seul une autre urgence régionale », ajoute-t-il.
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