Des scientifiques veulent fouiller la Lune à la recherche de traces laissées par des civilisations extraterrestres

Si Transformers 3 a laissé un souvenir... disons... plutôt vague aux cinéphiles en 2011, le point de départ de son scénario a pourtant été pris très au sérieux par des scientifiques de l'Institut Seti. Et si, comme dans le film, des extraterrestres appartenant à une civilisation avancée, avait laissé des traces technologiques quelque part sur la Lune ?
L'idée fait l'objet d'une étude disponible en prépublication sur le serveur ArXiv, ainsi que d'un communiqué sur le site du Seti. Pour rappel, le Seti n'en est pas à son coup d'essai en ce qui concerne les technosignatures, les traces d'une technologie extraterrestre. Son but est justement de trouver des signaux qui ont pu être envoyés par d'autres civilisations.
Le régolithe lunaire est inchangé depuis des milliards d'années, conservant intactes les moindres informations. Survol de la Lune durant la mission Artemis I. © Nasa
Des particules dans le régolithe lunaire ?
Mais ici, ce ne sont pas des ondes radios ou des traces de certains gaz que l'étude propose de trouver. Au lieu de cela, l'idée de base est de savoir si des particules microscopiques pourraient s'être accumulées sur la Lune.
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Le souvenir de Carl Sagan et Frank Drake, pionniers du programme Seti pour la recherche des civilisations extraterrestres, est encore bien vivace dans le grand public de l'Europe de l'Ouest et des États-Unis. Mais on ne peut pas en dire autant de leurs collègues du temps de l'URSS, de l'autre côté du rideau de fer. L'historienne Gabriela Radulescu remet quelques pendules à l'heure à ce sujet dans un article de The conversation que nous reprenons.... Lire la suite
Après tout, l'idée n'est pas si saugrenue : si nous, les humains, sommes capables d'envoyer des sondes à travers le Système solaire, ainsi que des milliers de débris spatiaux partout dans notre atmosphère, il serait raisonnable de penser qu'une civilisation plus avancée puisse faire la même chose à plus grande échelle, jusqu'à ce que leurs produits quittent leur système.
Le Seti traque habituellement les signaux venus de l'espace. © Getty Images
De plus, si la Terre est constamment en mouvement en raison de la présence d'eau, de vie, d'activité volcanique ou de mouvements de plaques tectoniques, ce n'est pas le cas de la Lune. Encore aujourd'hui, l'empreinte de botte laissée par Neil Armstrong en 1969 n'a pas bougée, et elle peut y rester encore des millions d'années si aucun impact de météorite ne lui tombe dessus. La Lune n'ayant pas d'atmosphère, ni de vent, tout y reste intact indéfiniment ou presque. Depuis quatre milliards d'années, notre satellite naturel accumule du matériel venu de l'espace qu'elle archive méticuleusement sans jamais y toucher.
La technologie existe déjà
Ainsi, si des débris spatiaux venus d'une autre planète voyageaient à travers l'Univers, on peut concevoir qu'une partie, même infime, atteigne la Lune, et se trouve encore aujourd'hui mélangé au régolithe qui recouvre sa surface. Admettons. Mais comment faire pour mettre la main sur ces technosignatures extraterrestres ?
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D'après les auteurs de l'étude, cela pourrait se faire grâce à un retour d'échantillon lunaire. Un cube d'un mètre de côté, par exemple, pourrait être passé sous tout un ensemble de microscopes et de spectromètres de masse pour analyser en détail l'ensemble du matériel qui le constitue. La technologie pour vérifier cette assertion existe déjà.
Chang'e 6 a déjà ramené de grandes quantités d'échantillons lunaires. CCTV/framegrab
Et justement, entre le programme étatsunien Artémis et les projets chinois de retour d'échantillons, il n'est pas excessif de pouvoir espérer obtenir des échantillons lunaires en grande quantité dans un avenir proche. Et dans le pire des cas, si jamais les résultats sont négatifs, ces analyses seront tout de même scientifiquement précieuses pour mieux comprendre l'histoire de la Lune et son évolution depuis sa naissance, et avec elle, celle de la Terre.
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