Inde: la mobilisation s'accroît contre la fraude électorale pour dénoncer «un État autoritaire»

Depuis fin septembre, des milliers de personnes manifestent quotidiennement dans les grandes villes du pays pour dénoncer les failles électorales révélées par la presse. Une enquête met en cause les méthodes de la Commission électorale et l’accuse d’avoir mené des campagnes de suppression massive d’électeurs.
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Avec notre correspondant à New Delhi, Abdoollah Earally
Partis d'opposition, syndicats étudiants et le Parti des cafards appellent à nouveau à manifester samedi 10 octobre à New Delhi contre la Commission électorale. Mais tout rassemblement est interdit dans la capitale indienne, désormais sous très haute surveillance policière.
Vidées par les barrages policiers, les avenues de Delhi dévoilent toute leur splendeur dans un calme inhabituel. Bloqué à l’entrée du centre politique et institutionnel de la capitale, dit « Lutyens’ Delhi » – le quartier conçu sous l’ère britannique –, le professeur Robin Rathi est l’un des rares à se tenir devant les barrières : « C’est une première dans notre histoire, 130 millions d’électeurs ont été radiés par la Commission électorale. Voilà pourquoi nous manifestons. La jeunesse soutient Rahul Gandhi. »
« Le droit de vote des citoyens est en jeu »
Malgré le verrouillage sécuritaire, la capitale bouillonne de réunions politiques. Venue observer cette effervescence, Mansi revendique une démarche non partisane : « Ce n'est pas une question de parti ou d'âge, c'est le droit de vote des citoyens qui est en jeu. Je devais être là, c'est essentiel. »
Ce sursaut de la société civile est activement soutenu par Yogendra Yadav, coordinateur national de la plateforme citoyenne Bharat Jodo Abhiyan [la campagne pour l’unité de l’Inde, NDLR], qui dénonce une dérive institutionnelle sans précédent : « L’Inde n’est plus la fière démocratie qu’elle était. Nous sommes devenus un État autoritaire compétitif, comme la Turquie ou la Hongrie d’avant. Et nous évoluons vers une autocratie électorale, comme la Russie aujourd’hui. »
Pour accentuer la pression, les collectifs appellent à marcher vers le Parlement, ce vendredi 9 octobre, avant la grande manifestation, demain samedi.
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