Grasset et Fayard sous Bolloré : "Nous ne voulons pas servir de caution à une opération politicienne", dénonce un historien de l'édition

Aujourd’hui, la majorité de ces auteurs souhaitent récupérer les droits d’exploitation de leurs livres. De cette façon, ces maisons d’édition ne pourraient plus utiliser les noms d’auteurs ayant un prestige littéraire important pour leur propre réputation, ou pour attirer un lectorat important. Jean-Yves Mollier et les plus de 500 auteurs regroupés dans un collectif luttant contre la mainmise de Vincent Bolloré ne veulent en aucun cas appliquer une censure : "Nous ne voulons pas empêcher des auteurs d’extrême droite de publier. Ce que nous récusons, c’est le fait d’être dans le même catalogue et que nous servions de caution à une opération purement politicienne".
Selon l’historien, le phénomène de concentration des médias n’est pas nouveau. On peut déjà y voir des traces au 19e siècle aux États-Unis, en France et en Allemagne. Mais, précédemment, cette concentration ne servait pas à des fins idéologiques, distingue-t-il : "Le phénomène en France, […] on l’a vu lors de la dissolution en 2024 de l’Assemblée nationale à Paris. Vincent Bolloré est intervenu, a poussé Éric Ciotti, président du parti Les Républicains, pour aller tendre la main à Marine Le Pen et à l’extrême droite. Donc en effet, la concentration, là, montre un visage nouveau".
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