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Thursday, October 8, 2026

A Gaza, aucun espoir n’est permis pour une population assiégée, affamée et sans abri

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A Gaza, "seulement la moitié, grosso modo, des structures sanitaires aujourd’hui fonctionnent et uniquement de manière partielle", constate pour sa part Federico Dessi, directeur de Médecins du Monde (MdM).

L’ONG, qui gère 6 cliniques de santé primaire dans l’enclave, a mené une large enquête auprès de la population gazaouie. En ressort un tableau dramatique, mettant en lumière les restrictions sur l’accès à l’aide humanitaire et les déplacements répétés qui "privent les familles des conditions de vie essentielles à leur santé".

"Les enfants de moins de 5 ans, notamment, et les femmes enceintes et allaitantes, ce sont les catégories les plus vulnérables et celles qui souffrent davantage de cette situation", explique Federico Dessi, qui connaît bien le terrain pour y avoir travaillé. Diarrhées, fièvre, problèmes respiratoires, maladies de la peau et autres pathologies : une immense majorité des enfants de moins de 5 ans - 84% - ont été malades ces trois derniers mois. "Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que 93% des femmes enceintes et allaitantes présentent des symptômes d’anémie. C’est une conséquence notamment de la malnutrition, parce qu’on sait que seulement 17% de ces femmes sont capables de s’alimenter de manière suffisamment variée", ajoute-t-il.

La population dans sa grande majorité a du mal à accéder à de la nourriture, à cause des restrictions persistantes faites aux aides humanitaires de la part des autorités israéliennes. Fruits et légumes frais sont de plus en plus difficiles à trouver, viandes, poissons et œufs, sources de protéines et de vitamines encore plus. Moins de 15% des enfants de moins de 5 ans ont eu accès, au moment de l’enquête, à des produits frais. A peine 7% d’entre eux ont mangé des œufs.

"En tant que quelqu’un qui travaille dans l’humanitaire depuis dix ans, j’ai vu plusieurs zones de guerre, raconte Caroline Willeman, coordinatrice de projet pour Gaza à Médecins sans Frontières (MSF), je n’ai même pas les mots pour décrire l’ampleur de la destruction qu’on voit à Gaza, donc destruction qu’on voit dans les rues, dans les bâtiments, les maisons, etc., mais aussi destruction du système de santé". MSF travaille toujours aujourd’hui dans un hôpital terrain, avec le ministère de la Santé. Mais l’ONG ne peut plus envoyer de médecins à Gaza, à cause d’une interdiction de la part des autorités israéliennes, et s’appuie sur le personnel médical gazaoui sur place.

"Les hôpitaux ont été bombardés et tout ce système en fait ne fonctionne presque plus, et ça même après presque un an de cesser le feu", insiste-t-elle. Les soignants manquent de fioul pour faire fonctionner les générateurs, de pièces de remplacement pour toute une série d’équipements, de toute une série de molécules et de médicaments qui ne sont pas ou plus produits à Gaza : "Israël continue à imposer un blocus total de la bande de Gaza. C’est très compliqué d’obtenir les autorisations pour faire entrer de l’aide humanitaire, déplore Federico Dessi. Souvent, des demandes d’importation d’équipements sont refusées, notamment si c’est de l’équipement électronique, avec des procédures et des conditions qui restent vagues, qui restent arbitraires. Et on n’arrive pas toujours à avoir une justification claire sur les refus de tel ou tel autre équipement".

La population ne voit donc pas son accès aux soins amélioré, malgré le cessez-le-feu d’octobre 2025. Au contraire : les moyens de transport étant inexistants, il lui est de plus en plus difficile d’atteindre les hôpitaux ou les centres de soins.

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