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Monday, October 19, 2026

Bureau fédéral de la traduction | Un syndicat dénonce les coupes budgétaires

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(Ottawa) Un syndicat fédéral s’élève contre les coupes budgétaires imposées au Bureau fédéral de la traduction et accuse le gouvernement Carney d’hypocrisie, alors qu’Ottawa défend les normes linguistiques francophones dans le cadre des négociations commerciales avec les États-Unis.

Publié à

Catherine Morrison La Presse Canadienne

Le Bureau de la traduction est un service du gouvernement fédéral relevant de Services publics et Approvisionnement Canada qui fournit des services de traduction et d’interprétation aux ministères et à des clients privés.

Un document gouvernemental présentant les grandes lignes du plan d’activité du Bureau de la traduction pour la période 2025-2030 indique que celui-ci prévoit de réduire ses effectifs de 339 employés par le biais de l’attrition naturelle sur cinq ans afin d’assurer sa viabilité financière.

L’attrition désigne la réduction progressive des postes par le biais des départs à la retraite et des démissions.

Le document précise que ce plan reflète « une baisse générale » de la demande de services de traduction traditionnels.

Il mentionne également que les ministères se tournent vers des services de traduction en ligne « via des outils internet gratuits » ou « investissent de leur propre initiative pour déployer des outils de traduction basés sur l’intelligence artificielle ».

Mario Morneau, porte-parole de Services publics et Approvisionnement Canada, a déclaré dans un courriel que le plan prévoyait de réaliser cette réduction par le biais de l’attrition et que, comme celle-ci dépend de la demande des clients, le nombre final pourrait varier.

« Ces départs naturels devraient concerner divers groupes professionnels, notamment les postes de traduction, d’administration et de direction », a-t-il précisé.

Les langues officielles en péril

L’Association canadienne des employés professionnels condamne ce plan et affirme que cette décision met en péril les langues officielles du Canada.

Le syndicat a indiqué que plus de 90 % des traductions au sein du gouvernement fédéral se font de l’anglais vers le français et que, lorsque la qualité de la traduction baisse, ce sont les francophones qui en subissent les conséquences.

« Il en résulte un système à deux vitesses, car cela dégrade les services linguistiques dont dépendent les francophones pour accéder aux services publics et aux institutions démocratiques du Canada dans leur propre langue », a souligné le syndicat.

Après plusieurs semaines de négociations intenses, le premier ministre Mark Carney a suspendu les négociations commerciales avec les États-Unis le 21 août et a rappelé au Canada le ministre du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, ainsi que le reste de l’équipe de négociation.

Lors d’une conférence de presse, M. Carney a accusé les négociateurs américains de tenter de limiter la capacité du Canada à négocier d’autres accords commerciaux, de restreindre ses mesures de protection en matière de langue et de culture, et de réduire les droits de douane sur les voitures, mais pas sur les camions.

M. Carney a évoqué à la fois la visibilité du contenu canadien sur les services de diffusion en continu et l’étiquetage des produits en français lorsqu’il a décrit l’échec des négociations commerciales. Quatre jours plus tard, un responsable gouvernemental, qui a refusé d’être cité nommément, a déclaré à La Presse Canadienne que les étiquettes en français n’avaient jamais fait l’objet de discussions.

M. LeBlanc a ensuite expliqué à Radio-Canada que, bien que les États-Unis aient par le passé qualifié les étiquettes en français de source de friction commerciale, la question qui était sur la table juste avant la fin des négociations portait sur la visibilité en ligne.

Ces règles, actuellement en cours d’élaboration au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), garantiraient que les contenus canadiens et en langue française soient disponibles et visibles sur les plateformes en ligne de diffusion en continu.

Les représentants américains ont toujours affirmé qu’ils n’avaient aucun problème avec les mesures de protection de la langue française.

Le député du Bloc québécois, Yves Perron, a expliqué le mois dernier à la Chambre des communes qu’il n’est pas possible d’utiliser le français comme bouclier contre Donald Trump, de faire volte-face et de le considérer comme une dépense inutile à réduire.

Il a ajouté que l’intelligence artificielle ne pourra jamais remplacer le jugement humain.

Kelly Burke, commissaire aux langues officielles du Canada, a déclaré que le gouvernement devait garantir l’égalité de fond entre les deux langues officielles du Canada dans les services et les communications fédéraux.

Le rapport annuel 2025-2026 du Bureau du commissaire aux langues officielles indique que les institutions fédérales doivent veiller à ce que leurs obligations linguistiques et les droits linguistiques de leurs employés soient respectés et pris en compte lors de tout exercice de réduction budgétaire.

Mme Burke a ajouté que, bien que l’intelligence artificielle puisse s’avérer utile pour la traduction et l’interprétation lorsqu’elle est déployée correctement, il est nécessaire de faire appel à un professionnel qualifié pour éviter les erreurs.

M. Morneau a indiqué que le Bureau de la traduction adapterait ses plans si la demande de services de traduction venait à augmenter.

« Le Bureau reste pleinement engagé à fournir des services linguistiques de qualité dans les deux langues officielles, adaptés aux besoins de nos clients, aux réalités budgétaires et aux attentes des Canadiens, a-t-il dit. Il maintiendra la capacité interne nécessaire pour répondre à la demande de traductions de haute qualité tout en continuant à faire appel à l’expertise du secteur linguistique canadien lorsque cela s’avérera nécessaire. »

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