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Friday, October 16, 2026

Cigarette électronique : une découverte inquiétante sur les virus et les défenses de vos poumons

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En France, près de 8 % des 18-79 ans déclaraient utiliser une cigarette électronique en 2024, selon Santé publique France. Une utilisation ponctuelle est-elle pour autant sans conséquence ? Quelques jours de pause suffisent-ils aux poumons pour récupérer ? Une étude publiée dans JCI Insight apporte des éléments de réponse : de simples expositions courtes peuvent laisser des traces invisibles mais durables sur nos défenses immunitaires.

Pas besoin d'une consommation excessive pour fragiliser les cellules 

Pour comprendre ce mécanisme, l'équipe de scientifiques américains du National Jewish Health, l'un des principaux instituts de recherche respiratoire au monde, a combiné des cellules pulmonaires humaines, des tranches de tissu pulmonaire et un modèle animal. Elle s'est intéressée au tissu le plus profond et le plus délicat de nos poumons : celui où l'oxygène passe directement dans le sang. En laboratoire, l'exposition à des vapeurs nicotinées a suffi à fragiliser cette barrière protectrice.

Normalement, nos cellules pulmonaires disposent d'un système de nettoyage interne, l'autophagie, qui recycle les composants abîmés pour garder le tissu sain. Sous l'effet de la vapeur, ce mécanisme se grippe : le nettoyage démarre mais ne s'achève pas correctement. Les déchets s'accumulent, la réparation cellulaire freine et certaines cellules finissent par mourir.

Le point marquant ? Ces perturbations sont détectées après seulement 24 heures d'exposition en laboratoire.

« Nos résultats suggèrent que même une exposition de courte durée au vapotage peut induire des lésions dans les régions les plus profondes et les plus fragiles du poumon », a déclaré Irina Petrache, MD, pneumologue et chef du service de pneumologie, de soins intensifs et de médecine du sommeil au National Jewish Health, et auteure principale de l'étude.

Saviez-vous que le vapotage peut provoquer des lésions irréversibles aux poumons ?

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Chez le hamster, des perturbations du nettoyage cellulaire restent détectables dans les poumons dix jours après la fin de l’exposition au vapotage. Les animaux semblent pourtant en bonne santé et leur poids reste stable. © fotofabrika, Adobe Stock

En apparence en pleine forme, mais des poumons encore marqués 10 jours après l'arrêt 

Ces effets disparaissent-ils dès que l'exposition cesse ? Pour le savoir, les chercheurs ont exposé des hamsters une fois par jour pendant cinq jours, puis laissé passer dix jours sans exposition avant d'examiner leurs poumons.

Les animaux semblaient en bonne santé et leur poids restait stable. L'examen classique des tissus ne révélait ni inflammation ni fibrose évidentes, c'est-à-dire de formation anormale de tissu cicatriciel.

Pourtant, des analyses complémentaires montraient que le système de nettoyage des cellules restait perturbé. Des signes de mort cellulaire étaient également détectables. Dans ce modèle animal, une bonne santé apparente ne signifiait donc pas que les poumons avaient entièrement récupéré.

Vous pensiez réduire les risques en vapotant… des chercheurs alertent sur un danger réel

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Face au coronavirus, davantage de virus dans les voies respiratoires 

Dans une autre expérience, les chercheurs ont infecté des hamsters par le SARS-CoV-2 trois jours après la fin des cinq jours d'exposition au vapotage. Les animaux préalablement exposés présentaient une quantité de virus plus élevée dans leurs voies respiratoires supérieures. En parallèle, plusieurs gènes participant aux défenses antivirales étaient moins actifs.

Cette charge virale accrue ne s'accompagnait toutefois pas d'une aggravation statistiquement démontrée des lésions pulmonaires. Davantage de virus ne signifie donc pas automatiquement une maladie plus sévère. 

Ces observations prolongent des travaux publiés en 2021 dans Frontiers in Physiology. Chez des souris exposées au vapotage, des chercheurs de l'université de Californie à San Diego avaient déjà constaté une altération de l'immunité pulmonaire. Certains produits augmentaient notamment l'expression de la protéine ACE2 -- la « porte d'entrée » du SARS-CoV-2 dans les cellules -- tout en affaiblissant la réponse antivirale de l'organisme.

Cette étude ne permet pas d'affirmer catégoriquement que les vapoteurs attrapent plus de rhumes ou de grippes au quotidien. Mais en recoupant ces données, la science apporte une preuve biologique concrète : même après quelques jours d'arrêt et sans aucun symptôme apparent, les poumons gardent la trace d'un stress cellulaire lié au vapotage, qui perturbe leur manière de faire face aux virus.

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