Quatre écrivains en lice pour le prestigieux prix Goncourt
Qui succédera à Laurent Mauvignier pour le Goncourt 2026 ? Quatre écrivains sont en lice mardi pour le plus illustre des prix littéraires, plus que jamais décidé à récompenser une œuvre écrite par un humain et non avec l’intelligence artificielle après l’affaire Thélyson Orélien.
Le cérémonial est immuable : à la mi-journée, le nom de l’ouvrage primé est annoncé par le président de l’Académie Goncourt dans l’escalier du restaurant Drouant, dans le centre de Paris, devant une nuée de journalistes.
Le lauréat arrive alors à pied et rejoint les membres du jury avec lesquels il partage un déjeuner, dont le menu est gardé secret.
Le processus de sélection a débuté à la fin du printemps, lorsque les jurés ont commencé à recevoir les romans de la rentrée littéraire, soit quelque 400 ouvrages à lire. Ils en sélectionnent en septembre une vingtaine puis affinent leur liste.
Cette année, les neuf membres de l’Académie Goncourt ont conservé quatre livres, très différents sur le fond comme sur la forme : L’inconnue du Quai de Javel de Philippe Jaenada, La solitude des professeurs est infinie de Yannick Haenel, Choses que je croyais perdues de Clémentine Mélois et De l’autre côté du lac de Sylvain Prudhomme.
« Quand on obtient un prix littéraire, c’est formidable, c’est la joie. Car c’est un des moyens importants de faire connaître son livre, de vendre des livres et d’avoir des lecteurs », a récemment témoigné Philippe Jaenada, interrogé par l’AFP.
« Si on ne l’a pas, il ne faut pas pleurer. On l’aura au prochain livre… ou pas », a ajouté l’auteur de 62 ans, déjà couronné par le prix Femina en 2017.
Pour un écrivain comme pour une maison d’édition, gagner le Goncourt est en effet l’assurance de vendre des centaines de milliers d’exemplaires car le livre, orné du bandeau rouge « Prix Goncourt », est mis en avant dans les médias et les librairies à l’approche de Noël.
Contexte difficile
Cette année, le Goncourt n’échappera pas au groupe Madrigall, le quatrième éditeur français, qui possède Gallimard (éditeur des livres d’Haenel et de Mélois), Flammarion (Jaenada) et Minuit (Prudhomme).
En 2025, Madrigall avait déjà connu le succès avec le roman de Laurent Mauvignier La maison vide, un livre de 750 pages qui s’est vendu à près de 640 000 exemplaires.
Comme d’autres secteurs, le monde de l’édition connaît une année 2026 difficile avec une baisse des ventes liées aux difficultés de pouvoir d’achat, aux fermetures de librairies et au recul de la lecture, concurrencée par les écrans.
À cela s’ajoute le retentissement de la polémique créée par l’affaire Thélyson Orélien, auteur québécois d’origine haïtienne dont le roman C’était ça ou mourir a été acclamé par la critique avant qu’il ne soit accusé de l’avoir écrit avec l’aide de l’IA.
Présenté comme l’un des favoris, il a été retiré de la sélection du Goncourt et éliminé des autres prix littéraires.
L’Académie Goncourt a indiqué réfléchir à « modifier légèrement » son règlement pour « bien spécifier » que son prix « ne peut couronner qu’un ouvrage écrit par un être humain ».
Des maisons d’édition, comme Gallimard, ont également décidé de faire passer au détecteur d’IA les manuscrits avant leur publication.
Outre le Goncourt, le prix Renaudot est annoncé mardi, tandis que le Femina est dévoilé le lendemain.
Lundi, le prix Médicis a été décerné à Philippe Vasset pour « Dans les grandes lignes » (Flammarion), le récit d’une traversée de la France en suivant les lignes à haute tension.
La semaine dernière, le Grand prix du roman de l’Académie française a récompensé Sébastien Lapaque pour « Le rappel des oiseaux », tandis que le prix Décembre a été attribué à Anne Godard pour « Nous aussi », deux ouvrages publiés par Actes Sud.
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