Pour affronter l’hiver, Montréal mettra en place neuf haltes-chaleur pour les itinérants

La Ville de Montréal prévoit déployer neuf haltes-chaleur pour permettre aux personnes en situation d'itinérance d'affronter l'hiver et demande au nouveau gouvernement élu « de garantir le financement » pour les trois prochaines années.
La Ville a déposé son Plan chaleur jeudi. Mon souhait, c’est que ce soit la dernière fois qu’on doive attendre que l’hiver soit à nos portes pour confirmer le financement. J’ai confiance que le nouveau gouvernement du Québec sera au rendez-vous pour fournir les sommes manquantes et assurer un financement durable
, a affirmé la mairesse Soraya Martinez Ferrada dans un communiqué de presse.
La mairie estime le coût opérationnel de son plan à 60 millions de dollars sur les trois prochaines années. La Ville demande de pouvoir compter sur le financement nécessaire aux services d’accompagnement et au soutien social qui permet de les faire fonctionner [les haltes-chaleur]
.
Un financement prévisible et durable est essentiel pour permettre à la Ville et aux organismes de conserver leurs équipes, de planifier leurs interventions et d’assurer la continuité des services.
Les haltes-chaleur seront réparties à travers les arrondissements de Rosemont–La Petite-Patrie, de Ville-Marie, du Plateau-Mont-Royal, de LaSalle, de Verdun, d’Ahuntsic-Cartierville et de Saint-Laurent.
Selon le communiqué, 500 nouvelles places d’hébergement d’urgence et de transition seront disponibles dès novembre grâce à ce plan, pour un total d'environ 3000 places. Ces site bénéficieront de 350 lits pour réduire progressivement le recours aux chaises
.
La Ville annonce sa volonté de garder ouvertes les haltes en tout temps afin de favoriser une stabilité qui permettrait la continuité de l'accompagnement
de ces résidents, ainsi qu’une meilleure cohabitation avec le voisinage
.

Soraya Martinez Ferrada était prise par les émotions, en mars dernier, lors d'un point de presse dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
L'hiver dernier, la mort de deux personnes en quelques heures avait mené à une conférence de presse haute en émotions. Rappelons qu'une femme en situation d’itinérance est décédée dans l’incendie d'un campement, mercredi matin, à Montréal.
Une priorité pour le gouvernement péquiste
La crise d’itinérance s’est imposée comme une problématique phare de la récente campagne électorale. Plusieurs événements tragiques, tels que la présence d’un bébé dans une tente du campement Notre-Dame, ont semé l’émoi autant chez le public, que chez les candidats.
La nouvelle concernant le bambin avait bouleversé
la mairesse Martinez Ferrada, qui en avait demandé davantage de la part du gouvernement provincial pour faire face à la crise présente aux quatre coins du Québec.
Durant la campagne électorale, en plus de promettre un sommet sur l’itinérance comme les autres formations politiques, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, s'est personnellement engagé à faire de ce dossier une priorité.

Paul St-Pierre Plamondon, le premier ministre élu, lors de son premier discours mardi. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin
Dans son premier discours comme premier ministre élu, il a rappelé ces engagements en matière d'itinérance. J'ai promis à plusieurs reprises d'en faire une affaire personnelle. J'ai déjà demandé à notre équipe de débloquer les fonds et s'assurer que les ressources sont au rendez-vous pour cet objectif
, a-t-il déclaré.
Le PQ s’est notamment engagé à réduire l’itinérance de moitié d’ici la fin de la décennie, en investissant 600 M$ dans des programmes sociaux et 400 M$ dans le logement.
La sortie médiatique de l’ancienne première ministre Pauline Marois au sujet de la crise avait fait beaucoup de bruit en mai dernier. Mme Marois avait notamment fait appel aux politiciens afin de coordonner leurs efforts sur l’itinérance sur les plans de la prévention, le logement, l’accompagnement et les soins adaptés.
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