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Wednesday, October 28, 2026

Au sein des autres : "J’ai pleuré", Sofia Essaïdi et Yoann Zimmer se confient sur ce téléfilm bouleversant de France 2

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À l’occasion d’Octobre Rose, France 2 diffuse Au sein des autres, un film sensible sur le cancer du sein. Rencontre avec Sofia Essaïdi et Yoann Zimmer, les héros de cette fiction.

À l’occasion d’Octobre Rose, France 2 diffuse Au sein des autres ce mercredi 28 octobre 2026. Porté par Sofia Essaïdi et Yoann Zimmer, le film explore avec justesse la façon dont la maladie bouleverse une vie mais aussi la place essentielle que peuvent prendre les autres dans ces moments de vulnérabilité.

Récompensé à trois reprises au Festival de la Fiction de La Rochelle 2026, Au sein des autres pose un regard sensible sur la maladie et les liens qui se nouent dans l’épreuve, sans jamais réduire ses personnages à ce qu’ils traversent.

À cette occasion, Sofia Essaïdi et Yoann Zimmer se sont confiés au micro d’Allociné sur cette histoire profondément humaine, sur les émotions qu’elle met en lumière et sur l’importance de raconter ces parcours.

Allociné : Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?

Sofia Essaïdi : J’ai été aidante dans ma vie. Cette maladie est très importante pour moi et cela faisait longtemps que je voulais un projet qui en parle. Mais j’avoue que ce qui m’a vraiment donné envie de faire ce film, c’est ma rencontre avec Vania Leturcq, la réalisatrice, pour qui j'ai eu un coup de foudre absolu. Elle m’a offert quelque chose de merveilleux : une grande liberté en tant qu’actrice. C’est vraiment ce que je recherche et ce dont j’ai besoin : pouvoir explorer, essayer des choses, improviser, aussi bien pendant la préparation que devant la caméra. Pour le coup, j’ai été servie !

Yoann Zimmer : J’avais aussi l'envie de travailler avec Vania, dont j’avais déjà vu le travail. Et puis, je trouvais qu’à travers la maladie et ce personnage, le film explorait une masculinité peu représentée. Ça m’intéressait d’incarner cet homme qui, petit à petit, voit les certitudes dans lesquelles il est ancré s’effondrer à cause de la maladie. C’est aussi ce qui m’a séduit dans ce personnage.

Avant de lire le scénario, saviez-vous que les hommes pouvaient eux aussi être atteints d’un cancer du sein ?

Sofia Essaïdi : Je ne le savais pas. C’est aussi ce qui m’a donné envie de faire ce film. Je suis très heureuse de pouvoir en parler à la télévision, de briser les tabous et de sensibiliser le public. On a davantage l’habitude d’entendre parler du cancer du sein chez les femmes mais je trouve hyper intéressant d’aborder ce que cette maladie touche chez l’homme dans sa sensibilité, sa masculinité et sa virilité.

Yoann Zimmer : Je ne le savais pas non plus. Comme le dit Sofia, c'est important d'en parler et de sensibiliser le public.

La rencontre de Nour et Fabrice se fait à l’hôpital, un endroit où personne n’a vraiment envie de se trouver. Comment avez-vous travaillé cette idée de faire naître de la vie, de l’humour et même de la complicité dans un lieu associé à la peur et à la maladie ?

Yoann Zimmer : Il y a une vraie vitalité chez Vania, dans sa manière de diriger et de nous amener à explorer différentes émotions. Cela permet d’éviter de tomber dans un pathos sentimentaliste, tout en gardant des moments d’émotion qui témoignent d’une réalité. Il faut trouver le bon équilibre. Vania nous fait jouer une même scène sous plusieurs angles, parfois de manière triste, parfois en riant. Cela nous permet d’explorer différentes nuances et de découvrir des moments de légèreté ou de tristesse auxquels on n’avait pas forcément pensé à la première lecture.

Sofia Essaïdi : Ces moments de légèreté sont essentiels face à la maladie. Quand on est malade, la maladie prend le contrôle de notre vie. Tout tourne autour d’elle. Elle devient maîtresse de notre temps, de notre planning, de nos conversations. On a donc besoin d’humour et de légèreté pour sortir de cette pesanteur. Le film trouve un très bon équilibre, sans tomber dans quelque chose d’irréaliste. Si tout était formidable d’un coup, ce ne serait pas crédible. Et ça, c’est vraiment le travail de Vania qui l’a permis.

La maladie bouleverse le rapport au corps et à la féminité. Comment avez-vous vécu ces transformations à travers le personnage de Nour ?

Sofia Essaïdi : Ça a été difficile. Ce que vit Nour, c’est l’impression de ne plus exister, d’être mutilée, moche. Ça touche profondément à sa féminité. C’est ce que j’ai exploré, et c’était douloureux à vivre.

Pour l’anecdote, je porte des prothèses au niveau des seins. La première fois que j’en ai essayé une, j’ai pleuré. Voir ce buste sans sein, ça m’a foutu un coup. J’ai la chance de pouvoir enlever cette prothèse à la fin de la journée mais les femmes qui traversent cette épreuve ont réellement un ou deux seins en moins. Je ne peux qu’imaginer leur détresse. À moins d’une déconstruction totale, les seins symbolisent la féminité. C’est extrêmement douloureux. J’ai vraiment vécu cette expérience avec beaucoup d’émotion sur le tournage, tout en réalisant ma chance de pouvoir retirer la prothèse et en pensant à celles qui vivent avec au quotidien.

Heureusement, il y a aussi des exemples inspirants, comme cette actrice présente sur le tournage qui, après son cancer, a trouvé une véritable paix sans reconstruction mammaire. Elle a réussi à voir de la beauté dans sa cicatrice, parce qu’elle incarnait la vie et le fait d’avoir échappé à la mort. Il n’y a rien de plus beau.

Ces personnes sont de véritables héroïnes du quotidien. Il faut une immense hauteur d’esprit pour dépasser ces épreuves et les injonctions de la société qui voudraient que sans seins, on ne soit plus une femme. Parvenir à faire ce cheminement est extraordinaire, tout comme il est parfaitement compréhensible de ne pas y arriver tant cette épreuve est violente.

À travers Fabrice, le film interroge aussi la masculinité et la difficulté pour un homme d’accepter sa vulnérabilité. Comment avez-vous abordé cette évolution du personnage ?

Yoann Zimmer : En tant qu’hommes, nous avons tous des mécanismes ancrés par l’éducation et la société patriarcale. Même si personnellement je place le curseur ailleurs, je comprends ce personnage et je m’inspire de réalités que je connais. Au départ, Fabrice reste dans ses mécanismes, puis, à travers la maladie et sa relation avec son père, qui agit comme un miroir, on assiste à une déconstruction. C’est un sujet nécessaire, presque vital à aborder pour les hommes aujourd’hui, d’autant plus avec la montée de mouvements virilistes. Il y a souvent une peur d’accepter sa vulnérabilité. J’espère que les hommes qui regarderont le film, jeunes comme plus âgés, comprendront à quel point il est précieux de pouvoir pleurer et s’autoriser à se découvrir.

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