The Jerusalem PostQatari electricity lifeline for Lebanon includes two power plants, LNG supply dealESPN DeportesAmérica: 30 jugadores en 11 partidos y es líderESPNColts fire GM Ballard after home loss to Titans, cite 'necessary' changeRTP DesportoCristiano Ronaldo suspenso 30 dias por abandonar estágio da SeleçãoDaily MaverickDIGITAL POLITICS OP-ED: Borders, ballots, court clashes — how the anti-immigrant movement is setting SA’s elections agendaZDF heuteEntdecken Sie das ZDF-NachrichtenstudioFootball ItaliaYaya Touré: ‘Slovan come to Roma to win, Gasperini was incredible at Atalanta’Business AMLeveringen van Patriot-raketten nemen af terwijl Zelensky om Amerikaanse hulp vraagtWirtualna PolskaPutin chce "nowej Jałty" i zatrzymanie żołnierza podejrzanego o szpiegostwo [SKRÓT DNIA]سكاي نيوز عربيةعلى الملأ.. نتنياهو ينشر فيديو لـ"مكالمة الدعم" مع ترامبThe Independent‘We are the shame of Europe’: France imposes curfews to stop growing riotsCBS SportsArch Manning remains Texas starting QB, but Steve Sarkisian says he needs a 'better version' of Longhorns star
The Daily Newsstand · Free, Always
Monday, October 19, 2026

C'est l'une des plus belles musiques du cinéma : depuis 26 ans, elle résonne dans le coeur de millions de spectateurs

Translate

Entre envolées orchestrales, mélodies envoûtantes et sonorités empreintes de mystère, la bande originale de Princesse Mononoké, signée Joe Hisaishi, donne vie à l’univers d’Hayao Miyazaki. Retour sur une musique puissante, poétique et intemporelle.

Sorti en France le 12 janvier 2000, Princesse Mononoké a subjugué plus de 800 000 spectateurs en salles. Depuis, le film mis en scène par Hayao Miyazaki est devenu un des plus grands classiques du cinéma d'animation.

Un récit mythologique et déchirant

Princesse Mononoké, c’est Miyazaki au sommet de son art : un voyage sauvage, mystique et profondément humain au coeur d’un monde où la nature n’a rien d’un simple décor.

Dans un Japon médiéval teinté de légendes, Ashitaka, un jeune prince frappé par une terrible malédiction, part à la recherche d’un moyen de sauver sa vie. Son périple le conduit au coeur d’une forêt ancienne, peuplée de dieux animaux majestueux et de créatures mystérieuses, où la nature lutte pour préserver son existence face à l’expansion des hommes.

Il y rencontre San, une jeune femme élevée par les loups, qui voue une haine farouche aux humains et se bat corps et âme pour protéger la forêt. Mais Miyazaki ne nous offre pas un affrontement simpliste entre le bien et le mal : chaque personnage a ses raisons, ses blessures et ses convictions.

Entre industrialisation, spiritualité, violence et harmonie perdue, le film nous plonge dans un monde d’une beauté à couper le souffle, où chaque forêt semble vivante et chaque silence chargé de sens. Avec sa mise en scène grandiose, ses créatures inoubliables et sa musique envoûtante, le maître japonais signe une oeuvre aussi épique que mélancolique.

C’est une ode à la nature, mais aussi une réflexion bouleversante sur la place de l’humanité dans le monde. Un film qui ne se contente pas de raconter une histoire : il te fait ressentir quelque chose de profondément ancien, presque sacré.

Ghibli

Une BO inoubliable

Et si Princesse Mononoké est devenu aussi mémorable pour le grand public, c'est pour tout cela, mais c'est également grâce à sa bande originale absolument magique, composée par le maestro Joe Hisaishi. Quand le thème principal se lance, chaque note nous procure des frissons indescriptibles.

"A l'époque où Miyazaki a entamé la production, il se posait énormément de questions sur le devenir du Japon et sur ce que pouvait être l'être humain face à la nature. Il avait envie de revenir aux sources de la culture japonaise", a indiqué le musicien à notre micro en 2009.

"Il voulait décrire ces deux mondes qui étaient soit en harmonie, soit en conflit : les humains d'un côté, les Dieux et la nature de l'autre. Il fallait illustrer cette confrontation de façon imposante."

Je voulais composer une musique qui soit à la fois profonde, intime, psychologique, et qui en même temps dépeigne toute la grandeur du monde qui est représenté dans le film.

"Je voulais aussi composer une musique qui soit à la fois profonde, intime, psychologique, et qui en même temps dépeigne toute la grandeur du monde qui est représenté dans le film", a confié Joe Hisaishi.

On ne peut qu'approuver les propos du maestro, sachant qu'il existe des bandes originales qui accompagnent un film, et d’autres qui semblent en contenir toute l’âme. Avec Princesse Mononoké, Joe Hisaishi signe l’une de ses partitions les plus puissantes pour Hayao Miyazaki.

La mélancolie derrière l'épopée

Loin de se limiter à magnifier les paysages et les affrontements, sa musique donne corps à un monde où la nature impose sa présence, où chaque silence devient mystérieux et où la beauté côtoie constamment la menace.

Le compositeur privilégie une ampleur symphonique qui confère au récit une dimension presque mythologique, tout en conservant une sensibilité profondément humaine.

Les thèmes d’Ashitaka Sekki et de Princesse Mononoké traversent ainsi le film comme deux sensibilités complémentaires, entre souffle épique et émotion mélancolique. C’est précisément cette alliance entre grandeur et fragilité qui rend la bande originale si mémorable.

La force de cette musique tient aussi à sa conception, particulièrement minutieuse. Dans un entretien accordé à Télérama en 2022, Hisaishi explique que Miyazaki lui fournissait des indications, des textes et parfois des poèmes pour élaborer un premier image album, destiné à inspirer l’équipe du film.

Ghibli

Le réalisateur lui avait également donné des livres sur le Japon médiéval et ses croyances, orientant le compositeur vers des sonorités traditionnelles. Mais plutôt que de verser dans un folklore immédiatement reconnaissable, Hisaishi mêle ces couleurs à un grand orchestre symphonique, aux cordes amples et aux percussions puissantes.

Il construit ainsi une musique qui paraît à la fois ancestrale et universelle. Le compositeur insiste également sur l'importance du silence : la musique ne doit pas constamment rivaliser avec l'image, mais lui laisser l'espace nécessaire pour respirer.

Une musique dotée d'une âme

C'est peut-être là que réside le génie de Hisaishi : derrière les envolées orchestrales, il ne cherche pas seulement à exalter l'aventure, mais à exprimer les contradictions intimes des personnages et la gravité du monde qu'ils habitent. Ainsi, le musicien a voulu éviter une musique de combat trop littérale, préférant traduire les sentiments qui subsistent après la violence, dans une approche presque funèbre.

Cette sensibilité donne à Princesse Mononoké sa profondeur émotionnelle ; la musique ne dicte pas ce qu'il faut ressentir, elle ouvre un espace où coexistent émerveillement, tristesse et espoir. Hisaishi résume d'ailleurs la portée de l'oeuvre de Miyazaki en soulignant que ses films associent beauté, poésie et questionnements sociaux et politiques.

Le maestro, au-delà de nous avoir offert une musique touchée par la grâce, a livré une partition qui dépasse largement le simple accompagnement cinématographique. Elle prolonge le film en nous, longtemps après le générique, et c'est ce qui fait la force d'une musique mythique.

View the original on AlloCiné →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.