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Sunday, November 1, 2026

Noté 4,4 sur 5, ce chef-d'oeuvre absolu est le meilleur film historique de tous les temps selon 85 historiens

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A la demande du Figaro, 85 auteurs de livres historiques, chercheurs, universitaires, éditeurs et directeurs de revues ont déterminé quels étaient leurs films historiques préférés, toutes périodes confondues, de l’Antiquité au XXe siècle.

Le quotidien Le Figaro a sondé 85 auteurs de livres historiques, chercheurs, universitaires, éditeurs et directeurs de revues de donner leurs cinq films historiques préférés, sur un spectre ultra large puisqu'on part de l'Antiquité jusqu'au XXe siècle.

Les critères d'appréciations pour chacun des sondés sont eux aussi larges. Comme le précise le journal, "certains ont privilégié le réalisme des scènes, des dialogues et des décors ; d’autres ont effectué leur choix en fonction de leurs émotions ou de leur mémoire cinéphilique ; d’autres encore selon les qualités purement cinématographiques et esthétiques qu’ils prêtaient aux œuvres".

Sur les 183 films cités, il ressort que beaucoup ont pour cadre le XXe siècle, "en particulier les deux grands conflits de 1914-1918 et de 1939-1945 ; une majorité de longs-métrages sortis entre les années 1960 et les années 1980 ; peu de comédies" précise le journal.

Un classement intéressant, qui brasse Le Nom de la rose (8e place) au Napoléon d'Abel Gance, également à la 8e place ex aequo, La Bataille d'Alger, le chef-d'oeuvre de Gillo Pontercorvo; Platoon, Ivan le terrible, Aguirre la colère de Dieu, Ridicule de Patrice Leconte... Une sacrée liste, très cinéphile aussi. Chapeau si vous avez déjà vu toutes ces oeuvres !

Dans la pratique, le top 5 de ce classement est très solide. Qu'on en juge !

Une reine (Margot) en majesté

La 5e place est occupée par La Reine Margot, extraordinaire fresque historique sortie en 1994 et signée par Patrice Chéreau. Un somptueux ballet de sang et de mort se déroulant dans un royaume de France du XVIe siècle déchiré par les querelles religieuses qui déboucheront sur les massacres de la Saint Barthélémy.

C'est peu dire que le travail d'adaptation de l'oeuvre touffue d'Alexandre Dumas fut un chemin de croix pour le regretté Patrice Chéreau. Epaulé par Danièle Thompson à l'écriture, il lui faudra cinq ans de préparation et pas moins de neuf versions différentes du scénario pour parachever sa vision de cette tragique période; une vision d'une noirceur absolue, capable de délivrer un film à la fois spectaculaire et très personnel.

Largement irrigué par l'influence des oeuvres de peintres comme Goya ou Francis Bacon, Patrice Chéreau sublime aussi son récit dans une recherche esthétique fascinante même dans l'horreur. "C'est un film d'une brutalité et d'une sauvagerie très immédiate" disait-il. Son oeuvre trouvera d'ailleurs un troublant écho avec l'actualité de l'époque, alors que l'ex Yougoslavie était déchirée par une guerre dont les caméras du monde entier révélaient l'ampleur des massacres.

© Pathé

Le chef-d'oeuvre de Luchino Visconti

Sommet de l'art de Luchino Visconti, sublime fresque d'une époque finissante portée par Alain Delon, Claudia Cardinale et Burt Lancaster, Le Guépard se hisse tranquillement sur la 4e marche, recueillant 12 voix.

Le chef-d'oeuvre du maître italien est d'ailleurs l'une des oeuvres préférées de Martin Scorsese. "Une tapisserie historique d'une richesse inouïe, méticuleusement composée et filmée en 70 mm. [...] Les paysages, les extraordinaires décors avec leurs objets méticuleusement sélectionnés, les costumes, le cérémonial et les rituels...

Tout est fait pour nous faire appréhender et mesurer profondément le temps qui passe, tandis que le film entier culmine lors d'une séquence de bal durant une heure, où vous pouvez sentir, à travers les yeux du Prince Salina, tout un art de vivre en train de s'estomper et disparaître. [...] Je pourrais évoquer Le Guépard pendant des heures. C'est un film qui est devenu de plus en plus important pour moi au fil des années passées" commentait le cinéaste, en véritable encyclopédie vivante de l'Histoire du cinéma qu'il est.

Pathé Films

"Rien n'est écrit..."

Sur la 3e marche de ce classement se hisse un autre chef-d'oeuvre absolu : Lawrence d'Arabie de David Lean, qui recueille 18 voix.

C'est peu dire que, parmi ses oeuvres, Lawrence d'Arabie a profondément marqué la mémoire rétinienne de millions de spectateurs; à commencer par celle de Steven Spielberg, qui n'a jamais cessé de clamer son amour inconditionnel pour le chef-d'oeuvre absolu de Lean, au point d'avoir aussi contribué à nourrir ses aspirations de cinéaste encore en devenir.

Couronné par sept Oscars, notamment un récompensant l'inoubliable partition de Maurice Jarre et un autre pour saluer l'extraordinaire travail du chef opérateur Freddie Young qui signe ici quelques uns des plus beaux plans de l'Histoire du cinéma, Lawrence d'Arabie était aussi la révélation au grand public d'un fabuleux acteur, Peter O'Toole, qui trouvait, sous les auspices de Lean, rien de moins que le rôle de sa vie. Sa composition magistrale est, de longue date, considérée à juste titre comme une des plus grandes performances de l'Histoire du cinéma.

Columbia Pictures

Une armée des ombres en embuscade

Les oeuvres ayant pour cadre la Seconde Guerre mondiale sont très nombreuses à être citées dans ce classement : Paris brûle-t-il ?, Le jour le plus long, La Chute (qui figure à la 6e place), La Zone d’intérêt, Un taxi pour Tobrouk, La Liste de Schindler, La Ligne rouge, Il faut sauver le soldat Ryan, Lacombe Lucien...

Mais c'est L'Armée des ombres de Jean-Pierre Melville qui se hisse sur la seconde marche du classement, en recueillant 19 voix. Comme un écho aux récents Notre salut et le biopic consacré à Jean Moulin, qui vient tout juste de sortir en salle.

Parti rejoindre la France libre à Londres en 1942, Jean-Pierre Melville a mis près d’un quart de siècle avant de porter à l’écran le roman éponyme de Joseph Kessel, écrit d’après des témoignages de résistants, recueillis au cours de son exil londonien et paru à Alger en 1943.

Sorti en 1969, alors que le pays était encore traversé par les spasmes de l'après Mai 1968, L'Armée des ombres est l'un des plus grands films évoquant la Résistance et la période de l'Occupation.

Mis en scène avec une rigueur et une froideur absolument implacable, le film est porté très haut par une fabuleuse brochette de comédiens. Lino Ventura bien sûr, dans le rôle de Gerbier. Mais aussi Jean-Pierre Cassel, Paul Crauchet, Claude Mann, Paul Meurisse. Et bien entendu Simone Signoret, figure féminine sacrifiée dans une lutte à mort que la Résistance se livre aussi à elle-même.

StudioCanal

Et le n°1 est...

On fait un bond de 200 ans en arrière pour la tête de ce classement, avec Barry Lyndon de Stanley Kubrick, qui a recueilli 20 voix.

Disparu à l'âge de 70 ans, Stanley Kubrick n'a signé que treize longs métrages en cinquante ans de carrière. Du mélodrame (Eyes Wide Shut) à la science-fiction (2001 : L’odyssée de l’espace) en passant par l’horreur (Shining), la comédie (Docteur Folamour), le film de guerre (Les Sentiers de la gloire et Full Metal Jacket) ou d'époque (Barry Lyndon), Stanley Kubrick a offert à chaque genre un incontestable joyau du Septième Art.

Adaptant le roman de William Thackeray, Kubrick l'obsessionnel signe une oeuvre d'une richesse -visuelle notamment- inouïe, notamment grâce à son objectif Zeiss mis au point par la NASA qui était capable de capter avec une précision chirurgicale les scènes éclairées à la bougie. Des séquences entrées dans l'Histoire du cinéma.

Il n'est du reste guère surprenant que le film figure justement dans votre Top 10 des meilleurs films des années 70 !

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