Shutter Island sur Arte : que comprendre de la fin énigmatique du thriller avec Leonardo DiCaprio ?

Diffusé ce soir sur Arte, Shutter Island, a marqué les esprits grâce à son récit psychologique et son enquête captivante. Toutefois, le film a surtout brillé grâce à son dénouement absolument dément ! Que comprendre de cette fin troublante ?

Il y a 16 ans, en février 2010, Shutter Island débarquait sur les écrans. Emmené par Leonardo DiCaprio et Mark Ruffalo, ce thriller psychologique dirigé par Martin Scorsese nous offrait un dénouement absolument tragique, aussi poignant qu'hallucinant.
Le public s'emparera de cette oeuvre pour en faire un véritable phénomène, notamment en raison de cette fin qui a retourné le cerveau de tous les spectateurs. Tourné pour un budget estimé à 80 millions de dollars, il en rapportera 300 à l'international. En France, il attirera 3,1 millions de spectateurs, devenant le plus gros succès de Martin Scorsese dans l'Hexagone.
Le récit nous emmène en 1954. Le marshal Teddy Daniels est envoyé sur Shutter Island, une île isolée au large de Boston. Accompagné de son nouveau coéquipier, il doit enquêter sur la disparition inquiétante d’une patiente d’un hôpital psychiatrique.
Alors que les recherches commencent, le comportement du personnel et des patients soulève rapidement de nombreuses interrogations. Sur l’île, rien ne semble vraiment correspondre aux apparences. Une tempête violente coupe bientôt Shutter Island du continent, compliquant encore davantage l’enquête.
Teddy se heurte au silence des médecins et découvre peu à peu des éléments troublants sur l’établissement. Parallèlement, de mystérieux souvenirs liés à son passé refont surface.
Plus il avance, plus l’enquête prend une tournure personnelle et déroutante. Entre paranoïa, secrets et manipulations, Teddy commence à douter de ce qu’il voit et de ceux qui l’entourent. Sur Shutter Island, la frontière entre réalité et illusion devient progressivement impossible à distinguer.
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Un dénouement psychologiquement éprouvant
Pendant tout le film, Martin Scorsese nous mène en bateau grâce à son récit tortueux, le tout sublimé par une ambiance lugubre à souhait. Cette île, sur laquelle est construit un hôpital psychiatrique sordide, nous offre un décor fabuleux pour une histoire de ce genre.
Tout au long de l'histoire, Scorsese nous distille quelques petits indices sur la psyché torturée de Teddy Daniels, laissant le spectateur de plus en plus médusé. Plus l'agent fédéral plonge dans les méandres d'une enquête labyrinthique, plus notre cerveau commence petit à petit à recoller les morceaux.
Cependant, rien ne nous avait préparé à ce que nous allions apprendre à la fin du film. Teddy Daniels monte au sommet du phare, un endroit énigmatique qui attire l'attention de l'agent depuis le début du film.
Il y retrouver le Dr Cawley, incarné par Ben Kingsley. Ce dernier révèle à Teddy qu'il est un patient de l'hôpital psychiatrique depuis 2 ans et que toute son enquête n'était qu'une mise en scène destinée à lui faire recouvrer la raison.
En effet, Teddy Daniels et Andrew Laeddis ne font qu'un ! Son vrai nom est l'anagramme d'Andrew Laeddis, tout comme le vrai patronyme de sa femme, Dolores Chanal, est l'anagramme de Rachel Solando. Quand on découvre cela, tout ce que nous avons vu pendant le film nous revient en mémoire et on n'a qu'une envie, le revoir à l'aune de cette révélation majeure.
On apprend aussi que son équipier, Chuck Aule, n'est autre que son psychiatre, le Dr Sheehan. On comprend alors mieux la maladresse de ce dernier au début de l'histoire quand il n'arrive pas à retirer l'étui de son arme.
On comprend aussi beaucoup mieux la méfiance et l'inquiétude des gardes face à Teddy. Ils ont pris part à la mise en scène du Dr Cawley mais ne sont absolument pas rassurés à l'idée de laisser un patient dans son délire d'enquêteur. Surtout que le médecin n'en est pas à sa première tentative avec Daniels.
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Une séquence poignante
Après ce twist extrêmement perturbant, on assiste aussi à une scène absolument déchirante qui nous explique pourquoi Teddy a basculé dans la folie. Un flashback nous montre le héros du film rentrer chez lui et trouver sa femme, psychologiquement instable, toute mouillée dans le jardin.
Il aperçoit ensuite ses 2 enfants noyés dans l'étang à côté de chez eux et comprend qu'elle est responsable des meurtres. Dans un cri de désespoir, il tue sa femme d'une balle dans l'abdomen.
Traumatisé, Teddy s'est inventé une autre personnalité pour oublier cette tragédie, incapable de faire face à cette horrible réalité. Le Dr Cawley a tenté à plusieurs reprises des mises en scène pour le faire revenir à la raison mais elles ont toutes échoué. Nous avons assisté à la dernière tentative. Cela a-t-il enfin marché pour Teddy ? A-t-il pris conscience de son état mental ou devra-t-il subir une lobotomie ?
C'est là que le récit, tiré du roman de Dennis Lehane, nous achève. On retrouve Teddy aux côtés du Dr Sheehan, sur les marches de l'hôpital psychiatrique. Le médecin l'interroge pour savoir s'il a basculé à nouveau dans son délire ou s'il est guéri de sa maladie mentale. Malheureusement, Teddy évoque un plan d'évasion et s'adresse au Docteur en l'appelant Chuck, prénom du coéquipier inventé dans son esprit.
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Vivre en monstre ou mourir en homme de bien ?
Sheehan adresse alors un signe au Dr Cawley, qui arrive avec une équipe d'infirmiers pour emmener Daniels se faire lobotomiser. Mais avant de partir, Teddy lance une dernière phrase ambigüe au médecin. "Qu'est-ce qu'il y a de pire pour vous ? Vivre en monstre, ou mourir en homme de bien ?"
Interloqué, Sheehan se demande si Daniels n'a pas fait semblant d'avoir rechuté pour en finir délibérément, incapable de "vivre en monstre" et préférant arrêter de souffrir pour mourir en "homme de bien". Le récit nous laisse le choix de l'interprétation et c'est ce qui a rendu fous les spectateurs !
En effet, "vivre en monstre" signifierait continuer à vivre avec la conscience d’avoir tué sa femme, en assumant cette culpabilité. "Mourir en homme de bien" signifierait choisir la lobotomie pour détruire cette conscience et ne plus être Andrew Laeddis.
La fin laisse donc entendre qu’Andrew comprend la vérité mais choisit volontairement de l’oublier, préférant mourir symboliquement en "homme de bien" plutôt que de vivre avec ce qu’il est devenu. Et vous, qu'en pensez-vous ?
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