France: la mortalité infantile en hausse, un phénomène aux causes multiples

Ce jeudi 15 octobre est la journée internationale de sensibilisation au deuil périnatal, la perte d'un fœtus ou d'un bébé. En France, la mortalité infantile, comptabilisée après la naissance de l'enfant, est en hausse ces dernières années. Un phénomène qui interroge les spécialistes, alors que dans le reste de l'Europe, ce chiffre a plutôt tendance à baisser.
Publié le :
2 min Temps de lecture
Les causes sont multiples. Mais il faut déjà écarter une théorie, selon Isabelle Derrendinger, présidente du Conseil national de l'ordre des sages-femmes. « Il y a vraiment un argument que je réfute, c'est quand on dit "les femmes françaises font des enfants plus tard, elles ont plus de facteurs liés à l'âge tels que le diabète, l'hypertension artérielle". C'est la même chose dans tous les pays européens », martèle Isabelle Derrendinger.
À lire aussiÀ Mayotte, les chiffres alarmants de la mortalité infantile
Les femmes en situation de précarité impactées
Magali Barbieri, directrice de recherche à l'Institut national d'études démographiques, identifie d'autres facteurs plus conséquents. « Il y a eu une baisse importante de la fécondité en France depuis une quinzaine d'années, qui concerne essentiellement des femmes de milieux favorisés », souligne Magali Barbieri.
« La part des femmes de milieux défavorisés augmente parmi les femmes qui accouchent. Or ces femmes sont soumises à des risques de mortalité infantile plus élevés que les autres. Les femmes en situation de précarité en général, les femmes immigrées en particulier ont plus de chances de perdre leur enfant », ajoute-t-elle.
La France classée 21e sur 27 sur le plan européen
Par ailleurs, il est possible qu'il y ait un problème de tension dans les soins dans le milieu hospitalier, le nombre de sages-femmes par accouchement diminue dans certains services hospitaliers. Les deux expertes insistent sur l'importance de la prévention et du bon suivi de la grossesse des femmes, en particulier dans les territoires les plus pauvres de France.
Avec 4,08 décès de nourrissons pour 1 000 naissances vivantes en 2024 – soit une augmentation en moyenne de 1 % par an entre 2014 et 2024 –, la France se situe au 21e rang européen de la mortalité infantile sur 27, loin des meilleurs élèves tels la Suède, la Finlande ou l'Espagne.
À lire aussiMortalité infantile: pourquoi la France a-t-elle l’un des taux les plus élevés d’Europe?
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.