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Sunday, November 8, 2026

En nommant Stephen Miller, Trump choisit l’affrontement avec les démocrates

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La nomination de Stephen Miller, une figure de la droite dure américaine, au poste de directeur de cabinet de Donald Trump envoie un signal d’« affrontement » aux démocrates et laisse présager un durcissement de la posture de la Maison-Blanche pour les deux dernières années du mandat présidentiel, selon deux experts consultés par Le Devoir.

« [Cette nomination] laisse entendre que Trump n’est pas d’humeur conciliante, qu’il n’est pas prêt à faire des compromis, à modérer ses positions ou à chercher un terrain d’entente avec les démocrates pour faire avancer des mesures bipartites », soutien Graham Dodds, professeur de science politique à l’Université Concordia. « Au contraire, cela laisse penser qu’il se montrera combatif, peut-être même davantage encore. »

Donald Trump a annoncé vendredi soir la nomination de son fidèle conseiller à ce poste névralgique, trois jours seulement après les élections de mi-mandat, qui ont infligé un revers historique au président républicain — les démocrates ayant repris le contrôle des deux chambres du Congrès. Stephen Miller succède ainsi à Susie Wiles, remerciée de ses fonctions après avoir occupé le poste depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche.

Pour David Cohen, professeur de science politique à l’Université d’Akron, en Ohio, ce choix traduit une volonté claire de maintenir le cap plutôt que de chercher à apaiser les tensions avec l’opposition. En nommant Stephen Miller, Donald Trump a choisi de « s’obstiner, et les deux prochaines années vont essentiellement être un combat politique acharné [avec les démocrates] », estime-t-il.

« Il voulait envoyer au monde entier et au prochain Congrès le message que la Maison-Blanche de Trump est déterminée à poursuivre sur la voie qu’elle a empruntée en janvier 2025. »

« Un nuage noir »

Âgé de 41 ans, Stephen Miller est l’architecte des politiques anti-immigration du gouvernement Trump. « Il est l’architecte intellectuel de la nature même du “trumpisme” », fait même valoir M. Cohen, qui le décrit comme un « nuage noir ».

Dès le premier mandat de Donald Trump, M. Miller a été l’instigateur de la politique de séparation des familles migrantes à la frontière et du « Muslim ban », un décret restreignant l’entrée aux États-Unis de ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane. Depuis le début du deuxième mandat du magnat républicain, il est également l’un des principaux artisans de la politique migratoire brutale, marquée notamment par les expulsions massives menées par l’ICE, la police américaine de l’immigration.

Or, ces politiques ont contribué au recul des républicains dans certains États lors des élections de mi-mandat, notamment au Texas, où les sondages réalisés à la sortie des urnes ont révélé qu’elles avaient pesé dans le vote. Malgré ce signal envoyé par le lectorat, la nomination de Miller laisse plutôt présager que Donald Trump n’a pas l’intention de tempérer son programme, observent les deux professeurs.

« C’est un signe non seulement que la situation restera pratiquement inchangée, mais qu’elle pourrait même s’intensifier et empirer », affirme M. Cohen.

Même son de cloche du côté de Graham Dodds, qui estime que le président américain « n’a retenu aucune leçon » des élections de mi-mandat. « Il n’est pas près de changer. Il va même renforcer la pression », dit-il, ajoutant que cette nomination pourrait également accentuer les divisions au sein même du Parti républicain.

« Le poste non élu le plus influent »

L’influence de Stephen Miller sur les politiques du gouvernement Trump, qui était déjà très importante, pourrait être renforcée par ses nouvelles fonctions. Le directeur de cabinet exerce en effet « une influence considérable sur la Maison-Blanche », souligne M. Cohen.

Véritable « gardien » de l’accès au président, il contrôle le flux d’informations qui arrive jusqu’à lui et détermine en grande partie les personnes qui ont un contact direct avec lui. Il a donc, s’il le souhaite, la possibilité d’« isoler » le président du reste de son gouvernement.

En tant que principal conseiller du président, il exerce aussi une influence considérable sur la manière dont celui-ci perçoit les enjeux et prend ses décisions, explique M. Cohen. Sa prédécesseur, Susan Wiles, qui a dirigé la campagne présidentielle de Trump en 2024, était notamment reconnue pour sa discrétion et sa capacité à tempérer les impulsions du président républicain.

« Si le président doit prendre une décision très controversée et dangereuse, je ne suis pas sûr que Stephen Miller soit celui qui lui dira “non” », estime M. Cohen.

Le départ de Susie Wiles s’inscrit dans un remaniement plus large de personnel dans la foulée des élections de mi-mandat. Dans une entrevue accordée à CBS, le président américain a d’ailleurs laissé entendre qu’il pourrait « peut-être procéder à quelques changements » au sein de son cabinet.

Pete Hegseth, le secrétaire à la Guerre, pourrait être le prochain à faire les frais de ce remaniement, selon David Cohen, même si Trump lui a réitéré sa confiance lors de cette même entrevue.

À compter de janvier, les deux chambres seront contrôlées par les démocrates, qui ont déjà annoncé leur intention de lancer des enquêtes sur le président, sa famille et de hauts responsables de son gouvernement. Si Pete Hegseth est toujours en poste à ce moment-là, « je pense qu’il sera la cible de la première enquête en vue d’une procédure de destitution menée par les démocrates », avance l’expert.

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