Le PCQ accuse la CAQ d’adopter des «règles anti-familles» pour les milieux de garde
Le chef du Parti conservateur, Éric Duhaime, a promis samedi de supprimer des « règles anti-familles » qui « empêchent des milieux de garde d’exister »… devant une garderie dont la propriétaire défend l’exact contraire et qui croit en l’importance de la réglementation pour assurer le bien-être des enfants.
Le camp conservateur avait choisi la façade des Mini-Explorateurs, un milieu de garde non subventionné capable d’accueillir 66 enfants, pour dénoncer les « règles excessives » imposées, à ses yeux, par la CAQ.
Selon la porte-parole du parti en matière de famille et candidate dans Beauce-Nord, Patricia Drouin, l’ajout d’une formation supplémentaire de 45 heures par année, « des exigences réglementaires comme un programme éducatif approuvé par le ministère », la remise d’« un dossier par enfant chaque six mois » et des « visites périodiques à l’improviste » auraient poussé « plusieurs éducatrices » à « tout simplement fermer leurs portes ».
Selon des estimations du parti tirées d’un article du Journal de Québec publié le 8 août dernier, ce fardeau affecterait quelque 1100 milieux de garde familiaux non-reconnus. « La CAQ a fait le choix de réduire l’offre dans le réseau, a-t-elle ajouté, en étouffant des garderies à domicile de petite taille avec de la réglementation. »
« À cause de la CAQ, a ajouté Éric Duhaime, depuis le 1er septembre, il y a jusqu’à 5000 enfants qui pourraient perdre leur place en garderie en milieu familial, parce que les éducatrices sont là pour s’occuper des enfants, pas pour remplir des plans et des dossiers du gouvernement. »
Le Parti conservateur propose de permettre à ces milieux de garde non reconnus de consulter la liste d’attente du ministère de la Famille et de contacter eux-mêmes les familles à la recherche d’une place pour leur enfant. Le PCQ veut aussi abolir les règles édictées sous le gouvernement caquiste au nom de l’« autonomie » des milieux de garde. « Le risque zéro, a plaidé Éric Duhaime, il n’existe pas. Je pense que tout le monde a compris ça sur la planète. »
« C’est super faisable »
« C’est vrai, mais il faudrait peut-être mettre toutes les chances de notre côté », croit de son côté Charlotte Gousseau, propriétaire de la garderie non-subventionnée Les Mini-Explorateurs qu’elle a ouverte en 2017. Selon elle, les conservateurs noircissent la situation quand ils accusent les règlements d’étouffer les milieux de garde non-subventionnés.
« Ce n’est pas compliqué : 45 heures de formation, ça prend deux semaines et c’est réglé. Un cours de RCR, ça prend huit heures. L’absence d’empêchement, ça prend cinq minutes, c’est un formulaire. Il n’y a rien de compliqué ou de contraignant là-dedans […] Je veux dire, je suis toute seule à l’administration de la garderie et c’est super faisable. »
À ses yeux, il faut au contraire qu’il y ait « plus de surveillance auprès des garderies ». Elle-même a connu de façon intime, explique-t-elle, les conséquences d’un trop grand laxisme réglementaire.
« Mon fils, quand il avait un an, était dans une garderie en milieu familial, raconte Charlotte Gousseau. À l’époque, je ne travaillais pas en garderie [et il y a eu un cas de] bébé secoué. […] Autant les CPE, les privés, les milieux familiaux, il y a d’horribles garderies. Il y en a des excellentes, mais il y en a des horribles. Ça prend vraiment de la réglementation. »
Son milieu de garde est directement affecté par la proposition conservatrice d’accorder un crédit d’impôt de 951 $ par année aux familles qui n’ont pas « gagné à la loterie » pour décrocher une place en CPE ou dans un milieu subventionné. L’offre s’avère trop peu généreuse pour inverser la tendance qui transforme des garderies comme la sienne en « salle d’attente pour les garderies subventionnées. »
« Les parents, aujourd’hui, paient dans cette garderie-là [non-subventionnée] entre 7 et 8 000 $ de plus, par année, que ceux qui ont gagné à la loterie des garderies subventionnées, expose Steve Pourciel, cofondateur du Mouvement Tarif Unique favorable à un prix unique de 9,65 $ pour la garde quotidienne d’un enfant, peu importe le milieu choisi. Ça fait que son 951 $ fait que le parent va payer 6 à 7 000$ de plus. Le parent qui va se faire téléphoner par un CPE, dans ma garderie et dans toutes les autres garderies privées du Québec, il va encore migrer. »
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