Brésil: la victoire inattendue de Lula sème le trouble sur les marchés financiers

Une journée noire lundi 26 octobre à la bourse de São Paulo. La défaite surprise de Flavio Bolsonaro, le candidat d’extrême droite à la présidentielle, a été suivie par une chute brutale du real – la monnaie brésilienne – et avec elle, un mouvement de ventes d’actions, alors que les taux d’intérêt de la dette se sont envolés. Les échanges ont même dû être suspendus à plusieurs reprises.
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Le plongeon a été aussi rapide que brutal. À peine la séance déclarée ouverte, le principal indice de la bourse de São Paulo a rapidement décroché, atteignant -17 %, alors que le real dégringolait de 12 % face au dollar.
Les actions brésiliennes sont également en forte baisse à l'étranger. Résultat : le mécanisme de sécurité de la bourse de São Paulo, qui suspend les transactions lorsque le marché boursier s'effondre, a été actionné et la séance a été suspendue à plusieurs reprises. Ce dispositif n'avait pas été déclenché depuis la crise du Covid en 2020.
La présidentielle est depuis des mois au centre des préoccupations des marchés. Or, les investisseurs s’étaient préparés à une possible victoire de Flavio Bolsonaro, considéré comme le candidat le plus à même de ralentir la hausse de la dette. Sa volonté de contester les résultats du scrutin participe également à ce vent de panique, qui s'est étendu aux obligations à long terme de la dette souveraine.
Un taux directeur très élevé
Les dépenses de l'État brésilien sont supérieures aux recettes et la dette publique dépasse les 80 % du Produit intérieur brut, tandis que le taux directeur est un des plus élevés au monde, au nom de la lutte contre l'inflation. Et ces problèmes pourraient s'aggraver avec un ralentissement de la croissance à l'horizon.
Dans la dernière ligne droite de la campagne, Lula a en outre dégainé une panoplie de mesures populaires, mais coûteuses, comme une augmentation de minima sociaux ou l'effacement des dettes des micro-entrepreneurs. La marge de manœuvre du président réélu pourrait par ailleurs s'avérer étroite face à un Parlement penchant très à droite après les législatives du 4 octobre.
Face à la situation, le Trésor a annoncé lundi 26 octobre l’annulation de ses deux prochaines ventes d'obligations d’État prévues ces mardi et jeudi.
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