Cisjordanie occupée: la famille palestinienne ciblée par des colons israéliens dénonce un manque de volonté politique

En Cisjordanie occupée, une famille palestinienne devait retrouver sa maison dans la nuit de lundi à mardi, sous escorte de l’armée israélienne, après une décision de la Cour suprême. Celle-ci était occupée depuis plus de deux mois par des colons israéliens. À leur arrivée, plus d’une centaine d’entre eux s'y sont violemment opposés, brûlant les maisons et jetant des pierres sur les soldats.
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Avec notre envoyée spéciale à Jalud, Manon Chapelain
À Jalud, les murs de la maison de la famille Tubasi sont entièrement recouverts de suie, calcinés. Il ne reste rien, hormis quelques meubles détruits, des brasiers fumants et des pneus brûlés. Cinq soldats israéliens patrouillent. Eux-mêmes affirment avoir été attaqués : « Sur le chemin pour venir ici, nous avons vu beaucoup de colons, explique un soldat. Lorsqu’ils ont vu la famille arriver, la situation est devenue très tendue. »
Sur la colline d’en face, Wael Tubasi, le fils, raconte l’appel à 23h de la police, l’escorte israélienne jusqu’à leur maison, l’arrivée massive et virulente des colons. Il évoque des jets de pierre, la violente opposition, puis les flammes : « La police et l’armée auraient eu la capacité de contrôler la situation si elles le voulaient, estime Wael Tubassi. Il y a sûrement la volonté de ne pas provoquer de véritable confrontation. Il semblerait que les colons bénéficient du soutien de responsables du gouvernement israélien. »
« Les colons ne veulent plus seulement nos terres, ils veulent nos maisons »
À ses côtés se trouve sa grand-mère. « Lorsque l’occupation israélienne a commencé, j’avais 12 ans, précise-t-elle. Et maintenant, j’en ai 75. Nous sommes toujours sous occupation. Et les colons ne veulent plus seulement nos terres, ils veulent nos maisons. »
À quelques kilomètres de là, une autre maison palestinienne soumise à la pression de colons israéliens attend qu’une décision de la Cour soit appliquée avant le 15 octobre.
Si le Premier ministre Benyamin Netanyahu a appelé à poursuivre les responsables, tout en dénonçant l’action d’un « petit nombre d’émeutiers », dans le village, plus personne ne croit que la justice puisse encore pour eux quoi que ce soit.
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