Yémen: les combattants houthis revendiquent une nouvelle attaque à Aden

Les Houthis pro-iraniens du Yémen ont dit samedi avoir attaqué Aden, la grande ville du sud où siège le gouvernement soutenu par l'Arabie saoudite, après avoir accusé Riyad d'avoir mené des frappes ayant fait 16 morts dans des régions qu'ils contrôlent.
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Les deux camps échangent quasi-quotidiennement des frappes depuis la reprise en juillet du conflit au Yémen. En septembre, les Houthis, qui ont la main sur de vastes régions dont la capitale Sanaa, s'étaient emparés du littoral yéménite sur la mer Rouge.
Les Houthis ont revendiqué samedi des attaques contre la ville d'Aden, qui sert de siège provisoire au gouvernement et où des explosions ont été entendues selon un journaliste de l'AFP. « Nos forces armées ont pris pour cible l'ennemi saoudien au camp dit "Al-Nasr" et à la base navale d'Aden », a déclaré le porte-parole militaire des Houthis Yahya Saree, en précisant que ces sites étaient sous le contrôle de la coalition menée par l'Arabie saoudite. Les combattants pro-iraniens avaient attaqué à plusieurs reprises Aden ces dernières semaines, notamment le palais présidentiel.
Le ministère de l'Intérieur du gouvernement yéménite a indiqué que l'attaque de samedi avait touché le quartier général des garde-côtes ainsi qu'un deuxième bâtiment ailleurs, selon l'agence de presse Saba. Il n'a toutefois pas mentionné la base navale, située près de l'aéroport.
Des frappes saoudiennes à Sanaa
Plus tôt, la chaîne de télévision houthie Al-Masirah avait rapporté « une série de frappes de l'ennemi saoudien visant la capitale Sanaa », et une « vingtaine de frappes depuis ce matin » sur la ville portuaire de Mokha. Elle a fait état d'au moins quatre morts à Sanaa dans une frappe sur une habitation, et de « plusieurs morts et blessés » dans une cimenterie frappée dans le district de Hamdan, près de la capitale. Le directeur du bureau de la santé du district a indiqué à Al-Masirah que six femmes et un enfant avaient été tués dans cette seconde frappe qui a visé, selon lui, les logements des ouvriers de la cimenterie.
Plus à l'ouest, à Hodeida, les Houthis ont fait état d'une attaque saoudienne ayant tué cinq membres d'une même famille.
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Des missiles interceptés par Riyad
En Arabie saoudite, la coalition a de son côté annoncé avoir intercepté samedi trois missiles balistiques visant Riyad, et, dans l'ouest du royaume, les villes de Taïf et Yanbu, terminal pétrolier majeur sur la mer Rouge, ainsi qu'un drone dans une province orientale. Deux explosions ont été entendues dans la capitale tôt samedi. La Défense civile saoudienne avait émis une série d'alertes, rapidement levées, invitant les habitants à se mettre à l'abri, concernant également la région de La Mecque, qui abrite le lieu le plus saint de l'islam.
Les combattants houthis ont déclaré samedi avoir pris pour cible trois aéroports, dont celui de Riyad, des installations pétrolières, un oléoduc et une base aérienne au cours des dernières 24 heures.
Depuis le début du mois, les Houthis ont multiplié leurs frappes contre l'Arabie saoudite, visant notamment des infrastructures pétrolières et aéroportuaires, dont l'une, la plus meurtrière dans le royaume depuis des années, a touché mi-octobre l'aéroport international de Riyad. Ces derniers jours, ils ont à plusieurs reprises démenti les accusations de frappes émanant de Riyad. Ils ont aussi assuré qu'ils ne visaient pas La Mecque et Médine, autre ville sainte de l'islam.
Après une trêve précaire de quatre ans, le conflit au Yémen, lancé en 2014 avec la prise de Sanaa par les Houthis, a repris en juillet, ouvrant un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines contre Téhéran. La guerre a fait des centaines de milliers de morts dans l'un des pays les plus pauvres du monde, en proie à une vaste crise humanitaire.
En septembre, les Houthis ont renforcé leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, qui donne accès au canal de Suez en mer Rouge, et dont l'importance stratégique pour le trafic maritime mondial s'est accrue après le verrouillage par Téhéran du détroit d'Ormuz, crucial pour le commerce des hydrocarbures, de l'autre côté de la péninsule arabique.
Le nouvel échange de frappes intervient alors que Donald Trump a laissé entendre vendredi que les États-Unis pourraient relancer des opérations militaires contre l'Iran, sans fournir d'indication sur le calendrier. Les attaques de navires ont aussi récemment repris avec force dans le détroit d'Ormuz.
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