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Tuesday, October 6, 2026

Élections anticipées en Espagne: la droite se frotte les mains, Sanchez se retrousse les manches

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Après l’annonce lundi par Pedro Sanchez d’un scrutin anticipé pour le 29 novembre, les formations de droite, favorites selon les derniers sondages, ne cachent pas leur satisfaction. Elles estiment qu’un cycle se termine et que le leur commence. Le Premier ministre espagnol, lui, y voit plutôt un nouveau coup de poker à remporter.

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Les droites espagnoles sentent le vent tourner. Après huit années consécutives au pouvoir du socialiste Pedro Sanchez, elles sont persuadées qu’elles peuvent le battre lors des législatives du 29 novembre. Ces partis de droite haïssent le chef du gouvernement sortant depuis longtemps, l’accablent de tous les maux, menteur, traître à la nation... énumère notre correspondant à Madrid, François Musseau.

C’est pourquoi, aux yeux d’Alberto Nunez Feijoo, le chef de l’opposition et président du Parti populaire, il y a là l’occasion en or de ce qu’il appelle un profond changement. « Il faudra choisir entre la corruption et la décence, entre la décadence et la prospérité, entre un gouvernement qui n’aspire qu’à survivre, et un pays qui pense à son avenir », a-t-il réagi. Les sondages donnent des ailes à Alberto Nunez Feijoo. Mais ils ne lui assurent une nette victoire qu'en cas d'alliance avec l’extrême droite.

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Le Premier ministre fragilisé

Le président du parti Vox, Santiago Abascal, s'en frotte les mains. Il se réjouit encore plus du prochain scrutin, même s’il tente déjà de créer du soupçon autour du leader socialiste, qu'il accuse de possibles irrégularités préélectorales : « N’oublions pas toutes les mauvaises nouvelles pendant ces huit années, et le risque que ces mauvaises nouvelles s’aggravent si Sanchez parvient à manipuler le processus électoral. »

Éclaboussé par les scandales de corruption, accusé de mollesse dans la crise migratoire et humanitaire à Ceuta, Pedro Sanchez part donc très loin d’être favori. Pour autant, même ses pires adversaires le craignent, car jusqu’ici il a gagné tous ses paris. Car il s'agit bien d'un pari. Le Premier ministre justifie son choix de convoquer des élections anticipées par l'échec devant le Parlement des deux textes de loi censés mettre un terme à la crise du logement en Espagne. Et malgré les sondages, il assure pouvoir l'emporter.

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La police évacue un campement de migrants sur la plage d'El Trampolin, dans l'enclave espagnole de Ceuta, le 5 octobre 2026.
Image de couverture : La police évacue un campement de migrants sur la plage d'El Trampolin, dans l'enclave espagnole de Ceuta, le 5 octobre 2026. REUTERS - MARCOS MORENO

Pedro Sanchez, un habitué des coups de poker

« Pour mener en profondeur les réformes en suspens dont nous avons besoin (...), nous devons nous mobiliser et obtenir que le Parlement nous accorde une majorité bien plus large, progressiste, grâce à laquelle nous pourrons faire plier les élites, conquérir de nouveaux progrès sociaux », a martelé le dirigeant socialiste, au moment de l'annonce de la dissolution des chambres parlementaires.

Ce n'est pas la première fois que Pedro Sanchez joue le tout pour le tout auprès de ses électeurs, et de la classe politique espagnole. Son premier coup d'éclat remonte à 2016 : après un échec cuisant aux législatives, il perd la direction du parti et se lance dans une reconquête inédite en sillonnant l'Espagne à bord de sa Peugeot. Six mois plus tard, il reprend la tête du Parti socialiste espagnol qui l'avait désavoué.

Nouveau coup d'éclat en 2023 avec des élections anticipées alors que la gauche a subi une série de revers cuisants aux élections locales. Arrivé deuxième derrière la droite, il parvient contre toute attente à former une coalition en s'alliant notamment avec les indépendantistes catalans. Trois ans plus tard, c'est à peu près le même scénario qui se profile. Pedro Sanchez est en difficulté - mais il se donne une chance de l'emporter malgré tout.

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08 ESPAGNE _Enrobé Manif Barcelone MATIN - 9h

Quels atouts pour Sanchez ?

Malgré une séquence politique difficile sur les derniers mois, le Premier ministre socialiste va pouvoir capitaliser sur une réputation solide qu'il s'est bâtie. Son « Non à la guerre » lancé en défi à Donald Trump sur le dossier iranien a particulièrement marqué l'opinion publique en Espagne et en Europe, et reste comme l'un des moments forts de son mandat, après huit années à la tête du gouvernement. Sa dénonciation maintes fois répétée du « génocide » mené, selon lui, par Israël à Gaza et sa politique migratoire d'ouverture, à rebours de nombreux autres pays européens, ont contribué à l'ériger en figure de proue d'une gauche européenne.

Et dans ce nouveau coup de poker, le dirigeant espagnol va jouer une de ses cartes maîtresses. Celle de la crainte pour les électeurs de gauche de voir l'extrême droite arriver au pouvoir pour la première fois en Espagne depuis la mort de Franco

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