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Wednesday, October 14, 2026

On a vu VisionQuest : la vision de la série Marvel est bancale (critique sans spoilers)

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Dix-huit ans, trente-huit films, dix-huit séries télévisées et une fatigue industrielle qui ne fait plus rire personne. Le Marvel Cinematic Universe continue de brasser du vide, mais persiste à vouloir se draper dans les oripeaux du cinéma d’auteur. Après le carton de WandaVision, la firme aux grandes oreilles livre enfin VisionQuest, le point final de cette trilogie conceptuelle portée par le synthézoïde le plus célèbre de la pop culture.

Garder le côté cinéma d’auteur de WandaVision et l’adapter à une autre série Marvel. C’est tout l’enjeu de VisionQuest, la série qui souhaite s’emparer de la conscience artificielle, de la notion de soi et de la quête d’identité pour essayer d’illuminer la condition humaine. Un beau programme sur le papier, piloté par le showrunner Terry Matalas (qui avait déjà sauvé les meubles sur la saison 3 de Star Trek: Picard en recyclant des décennies de mythologie), avec Paul Bettany de retour dans le rôle de Vision. Malheureusement, entre une écriture boursouflée de jargon informatique et la sacro-sainte obligation d’inclure une grosse baston à effets spéciaux par épisode, la mayonnaise a du mal à prendre.

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Une exploration mentale fascinante… plombée à plusieurs moments

Retrouvé en pièces détachées puis reconstitué, le White Vision erre dans la galaxie avant de venir s’échouer dans un pub d’Édimbourg, un clin d’œil direct aux tendres années passées avec Wanda, avant l’attaque des sbires de Thanos dans Avengers: Infinity War. Pour tenter de combler le vide mémoriel qui le hante, notre androïde se retire régulièrement dans les tréfonds de sa propre psyché.

Cette psyché a de la gueule. Elle prend la forme d’une vaste maison de style victorien où cohabitent les différentes intelligences artificielles conçues par Tony Stark au fil des ans, transformées ici en avatars humains. On y croise un J.A.R.V.I.S. campé par James D’Arcy, une F.R.I.D.A.Y. jouée par Orla Brady, une E.D.I.T.H. délicieusement exubérante sous les traits d’Emily Hampshire, et surtout un James Spader absolument fou en Ultron, enfermé comme un diable dans sa boîte au grenier de l’esprit de Vision. James Spader croque chaque réplique avec une gourmandise jubilatoire, réussissant à sauver de la noyade des punchlines numériques parfois bien lourdes.

Malheureusement, sitôt que l’on quitte ce théâtre mental assez somptueux pour replonger dans l’intrigue globale, la machine s’enraye un peu. La série s’embourbe dans des arcs secondaires étouffants. L’accumulation de pistes narratives, de connexions tentaculaires avec le catalogue Disney+ et d’explications assommantes finit par transformer le visionnage en révision de partiels.

Un plaisir de revoir Ultron // Source : Disney+
Un plaisir de revoir Ultron // Source : Disney+

Le syndrome de la machine qui imite l’art

VisionQuest veut tellement être une œuvre intelligente et méta qu’elle en oublie l’émotion. Le dialogue entre intelligences artificielles, centré sur la syntaxe humaine et les algorithmes, a du mal à prendre par moment.

Le cœur du problème réside dans l’absence totale de danger réel. Il devient rapidement impossible de trembler ou d’éprouver la moindre empathie pour des personnages qui ne sont, en fin de compte, que des assemblages de données virtuelles susceptibles d’être sauvegardées ou restaurées sur un Drive à tout moment.

Pour compenser cette froideur clinique, la production retombe irrémédiablement dans ses travers habituels. Dès qu’un épisode menace de devenir un minimum cérébral ou d’approfondir son sujet, le récit s’interrompt brutalement pour balancer un affrontement numérique en images de synthèse, histoire de réveiller le spectateur avant le générique.

Un casting royal // Source : Disney+
Un casting royal // Source : Disney+

Une conclusion en service minimum pour la trilogie WandaVision ?

Il serait malhonnête de dire que VisionQuest est un naufrage. Comparé aux pires heures du catalogue post-Endgame de Marvel, la série de Terry Matalas a le mérite de tenter des choses, de s’affranchir d’un certain académisme visuel et de soigner son casting. C’est infiniment plus regardable que la moitié des productions super-héroïques de ces trois dernières années.

Le verdict

Un plaisir de revoir Ultron // Source : Disney+

7/10

On a aimé

  • James Spader impérial en Ultron
  • Le manoir cérébral
  • Le casting top

On a moins aimé

  • Le jargon informatique qui perd le spectateur
  • Un enjeu émotionnel en dessous de WandaVision
  • Des combats un peu stériles

VisionQuest est mieux produit que les naufrages récents de la plateforme, et oui, revoir Paul Bettany et James Spader faire des joutes verbales a un petit côté satisfaisant. Mais en tant que conclusion d’un arc initié en 2021, la déception est parfois importante. Là où WandaVision utilisait la télé rétro pour disséquer une vraie douleur humaine, sa suite spirituelle ne manipule que des concepts froids et des ficelles de blockbusters usées jusqu’à la corde. Disney+ nous vend du rêve cérébral, mais nous livre juste une mise à jour pas aussi profonde que ce que l’on aimerait. Malgré tout, cela reste un très bon divertissement qu’il serait dommage de bouder si l’on apprécie Marvel.

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