Chine: un paradoxe, le nombre élevé de cancers permet de progresser dans la recherche contre la maladie

En Chine, où plusieurs millions de cancers sont détectés chaque année, la recherche pour soigner la dangereuse pathologie avance à grands pas. Ce nombre important de cas implique, en effet, une grande quantité de patients grâce auxquels la médecine chinoise progresse considérablement.
Publié le :
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy
Portés sur la poitrine chaque année, à la fin de l'été, les rubans roses annoncent le début d'Octobre rose. Cette période de campagne internationale cherche à sensibiliser au cancer du sein et à récolter des fonds pour la recherche. Dans ce domaine, un pays s'illustre en particulier, tous cancers confondus : la Chine, qui accueillait la semaine dernière le congrès mondial sur le cancer, à Hong Kong.
Ses progrès, le pays les doit en partie à l'important nombre de patients sur son sol. Et pour cause, la Chine enregistre à elle seule, plus d’un quart des nouveaux cas de cancer chaque année. Environ cinq millions de nouveaux cas sont en effet diagnostiqués tous les ans dans le pays.
Des avancées tangibles
Cette abondance de « cas » est évidemment un défi de poids pour les pouvoirs publics, mais elle explique aussi en partie les succès retentissants de la recherche chinoise, selon le professeur Jun Zhang, oncologue gastro-intestinal à Shanghai et membre de l’association chinoise contre le cancer, la CACA.
À lire aussiCancer en France: des diagnostics plus tardifs et des formes plus graves chez les plus modestes
« Cela [ces nombreux patients, NDLR] présente un potentiel considérable pour la recherche sur l'apparition, le développement, la progression et les métastases du cancer. Nous nous efforçons également d'explorer des stratégies thérapeutiques toujours plus innovantes afin de contribuer à la lutte contre le cancer à l'échelle mondiale », explique la chercheuse.
Depuis deux ans, la Chine a devancé les États-Unis dans le nombre de nouvelles molécules ainsi que d’essais cliniques. Les progrès sont concrets pour les patients.
Au département de radiothérapie du Sanatorium, grand hôpital privé de Hong Kong, le docteur George Chiu vante les mérites de la protonthérapie : « Auparavant, un patient atteint d'un cancer de la prostate devait se présenter 35 fois, se rappelle-t-il. Actuellement, nous menons un essai clinique avec seulement deux fractions. Cela signifie qu’ils ne viennent que deux fois et obtiennent le même résultat. »
Quant aux effets secondaires, ils devraient être plus ou moins les mêmes, mais il faut bien sûr le prouver. Selon le ministre de la Santé de Hong Kong, Lo Chung-mau, la mortalité par cancer a baissé de plus de 40 % dans la ville au cours des 30 dernières années.
À lire aussiLes fausses publications scientifiques menacent de submerger la recherche contre le cancer
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.