Mark Carney annonce 100 millions $ d’aide supplémentaire pour les Palestiniens

Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a annoncé une aide financière de 100 millions de dollars pour les Palestiniens de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, mardi, lors d’un point de presse à New York à l’occasion de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies.
De cette enveloppe, 80 millions $ seront destinés à l’aide humanitaire pour alléger immédiatement
la souffrance humaine, tandis que 20 millions $ serviront à soutenir la paix, la sécurité et la capacité de construire
, selon le premier ministre.
M. Carney a déploré l'énormité des souffrances à Gaza
, mais aussi les menaces existentielles
avec lesquelles la population israélienne doit vivre.
Le chef du gouvernement canadien doit aussi rencontrer le premier ministre du Royaume-Uni, Andy Burnham, le président français, Emmanuel Macron, ainsi que le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, afin de discuter des possibilités pour mettre fin au conflit israélo-palestinien.
Il a tenu à rappeler que la solution à deux États est le consensus partagé
par chacun de ses prédécesseurs, et ce, depuis la création de cette organisation [l’ONU]
.
Importations interdites en provenance des colonies en Cisjordanie
Le premier ministre a également rendu officielles son intention d’interdire l’importation de marchandises provenant de colonies israéliennes en Cisjordanie, jugées illégales au regard du droit international, et son intention de sanctionner ceux qui les financent.

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, tient une carte montrant le projet de colonie E1 lors d'une conférence de presse près de la colonie de Maale Adumim, en Cisjordanie occupée. (Photo d'archives)
Photo : AP / Ohad Zwigenberg
Le Canada reconnaît la menace du système de colonisation E1 et c'est pourquoi nous appliquerons des sanctions sur les produits qui émanent de la Cisjordanie.
Cette décision intervient après que le gouvernement israélien a lancé un appel d’offres, en août dernier, pour la construction de plus de 1200 logements en Cisjordanie occupée.
Cet appel d’offres fait partie du plan appelé E1, qui a été approuvé par le gouvernement israélien en 2025. Il prévoit à terme la construction de 3400 logements.
Si le projet est réalisé, il coupera Jérusalem-Est et toute la Cisjordanie en deux parties.
Selon le premier ministre Carney, les mesures annoncées mardi visent à préserver la possibilité d'une solution à deux États et d'une paix durable pour les Palestiniens et les Israéliens
.
C’est la première fois que le Canada lance un avertissement de ce genre en lien avec les colonies israéliennes considérées comme illégales, même si Ottawa a, à plusieurs reprises, condamné l’expansion de la colonisation.
En entrevue à Y a pas deux matins pareils, le 9 septembre dernier, le professeur en relations internationales Miloud Chennoufi, aussi directeur des études supérieures au Collège des Forces canadiennes, évaluait la portée politique de cette décision. La symbolique est très forte et c’est clair que c’est une décision qui n’a pas été la bienvenue à Tel-Aviv.

Bien qu'ayant une certaine portée diplomatique, l'interdiction de l’importation de marchandises provenant de colonies israéliennes en Cisjordanie demeure symbolique tant que les États-Unis n'emboîtent pas le pas, selon Miloud Chennoufi. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
L’annonce demeure un geste symbolique au même titre que la reconnaissance de l’État de Palestine, selon le professeur, tant et aussi longtemps que les États-Unis ne se joignent pas à de telles initiatives. Israël va continuer de s’appuyer sur ce soutien-là [américain] pour ne pas changer de politique.
Bien que symbolique, le geste vient appuyer une position diplomatique qui existe depuis longtemps
, ajoute M. Chennoufi en faisant référence à une solution à deux États.
Il parle le langage de la guerre
Questionné sur les propos du président américain Donald Trump, qui s'est demandé publiquement s'il devait anéantir l’Iran
dans son allocution de mardi, M. Carney n’a pas bronché.
Il y a une guerre, maintenant. Il parle le langage de la guerre
, a-t-il résumé.
Alors que les valeurs fondamentales des Nations unies consistent à empêcher la guerre et à favoriser la diplomatie, le premier ministre du Canada n’a pas voulu dénoncer les propos de M. Trump.
La menace iranienne est l’une des plus grandes menaces dans le monde. Par exemple, il y a encore une menace existentielle pour Israël causée par l’Iran et ses alliés
, a répondu M. Carney aux questions des journalistes à ce sujet.

Donald Trump a menacé « d'anéantir » l'Iran lors de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies au siège de l’ONU. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / Chip Somodevilla
Ce n'est pas acceptable que l’Iran ait une force de frappe, des bombes nucléaires
, selon le premier ministre canadien.
Il faut régler cette situation en respectant le droit international
, a-t-il insisté, ajoutant du même coup que le Canada travaille avec des partenaires régionaux, des élus et des dirigeants européens afin de créer des conditions pour un cessez-le-feu. Ce n'est pas le cas en ce moment.
On va continuer d'essayer d'aider pour une solution plus pacifique
, a nuancé Mark Carney.
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