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Sunday, September 13, 2026

"Ici le monde" - Pologne : le chantier des fouilles du ghetto de Varsovie désormais ouvert au public

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Permettre au plus grand nombre de se familiariser avec l'histoire du ghetto et de la résistance qui y était organisée. Voilà l’objectif du chantier ouvert de Varsovie.

Et cette histoire ne laisse personne indifférent. La mère d’Alina vivait dans le quartier avant la guerre. Elle a fait partie de ces familles polonaises qui ont été déplacées afin de pouvoir créer le ghetto et y enfermer les juifs. Elle avait 7 ans lorsque la guerre a éclaté, mais elle n’a jamais parlé de ce qui lui était arrivé durant cette période. "Je ne vais pas dire que j’adore ce genre de visite, mais j’essaie en quelque sorte de découvrir ma propre vérité. Et quand je la vois de mes propres yeux, ça n’a rien à voir avec ce que je pourrais lire dans un livre", confie-t-elle. 

Parmi les autres visiteurs du jour, il y a aussi Suzanne, une Américaine de confession juive qui effectue un voyage en Pologne pour se connecter à l’histoire de sa communauté : "J’éprouve une très grande tristesse. Connaître l’histoire, c’est une chose, mais se tenir sur le lieu même où se trouvait le ghetto, voir ces murs et le vivre de ses propres yeux, ça n’a rien à voir".

D’autres visiteurs n’ont aucun lien avec la communauté juive mais sont là par devoir de mémoire, comme Kasia : "Nous ne savons pas leurs noms, leurs prénoms, leurs noms de famille sont inconnus, mais avec tout le respect pour leur vie, pour l’histoire, je vais montrer qu’ils sont importants et qu’ils ont construit la ville, Varsovie, où aussi j’habite aujourd’hui. Je suis polonaise, alors c’est aussi mon histoire".

L’an dernier, plus de 6500 visiteurs sont venus voir les résultats de ces fouilles.

Tout a commencé par des fouilles non invasives, d’abord avec des géoradars sans toucher à la terre. Elles se sont concentrées aux alentours du bunker Danielewicz, où les combattants de l’organisation juive se sont cachés et ont été tués à la fin de l’insurrection. Très vite, les archéologues ont détecté la présence de murs, désormais visibles dans les 200 mètres d’excavation qui ont été mis au jour. Des murs de briques qui délimitaient les caves de deux immeubles voisins.

"Ces caves étaient reliées entre elles" explique Magdalena Kruszewska-Polak, responsable des collections du musée du ghetto de Varsovie. "Par exemple, nous avons observé des ouvertures spécialement aménagées dans les murs, permettant aux gens de circuler entre les sous-sols des deux immeubles. C’est une occasion unique de raconter l’histoire de cette résistance civile, de ces personnes qui, en réalité, n’avaient d’autre choix que de se cacher pour survivre. Ces ouvertures permettaient également aux habitants de se faire passer de la nourriture, dont les Allemands les privaient, ou encore d’organiser l’insurrection du ghetto qui verra le jour au printemps 1943".

A ce jour, les scientifiques ont pu identifier plus de 3500 objets sur le site, des artefacts qui donnent des informations sur la vie juive dans le ghetto. Nombre de ces objets tournent d’ailleurs autour de la religion. "En plus de la vaisselle, on compte des sidours, des livres de prière traditionnels, des yads, des pointeurs de lecture religieuse, ou encore des télifins, des boîtes de cuir noir sur lesquelles sont inscrits des passages bibliques" ajoute le correspondant RTBF sur place. "Aucun corps n’a été retrouvé ici, et c’est tant mieux selon le musée, car la religion juive interdit formellement d’exhumer des dépouilles, et cela aurait donc empêché la poursuite des fouilles".

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