Au Festival Les Escales de Saint-Nazaire, le raï électro de Sami Galbi file sur l'autoroute du kif

Ce dimanche 18 octobre, tête-à-tête avec Sami Galbi, chanteur, producteur et guitariste basé en Europe avec des racines nord-africaines. Un artiste croisé au festival les Escales de Saint-Nazaire en France au mois de juillet 2026.
T-shirt siglé « Raï'n'B » aux couleurs de la Palestine, longues boucles d'oreilles d'inspiration tamasheq, cheveux noirs frisés coupés façon rock n'roll... Sami Galbi semble tout droit sorti d'un clip de l'icône Rachid Taha. Dans ses souvenirs, il y a son père et des virées en taxi à Casablanca : « Les taxis au Maroc, ça a toujours été un truc assez fort, parce que les gens chantent aussi au volant. Les morceaux qu'ils écoutent tellement, qui ont fait tellement de fois le tour du compteur... Il n'y a plus à réfléchir, donc ça sort tout seul. Cela pourrait être "Rani Mera Hena" de Cheb Hasni, qui en plus parle de sa dualité entre l'Europe et l'Afrique du Nord, donc c'est aussi un morceau qui a résonné un peu en moi. C'est aussi un morceau qu'écoutait mon père. D'ailleurs, jusqu'au dernier jour de sa vie, il écoutait encore ça dans sa voiture. »
Un papa qui a aussi offert à Sami Galbi sa première guitare acoustique. Des parents qui l'ont aussi poussé à écrire, à chanter pour raconter et évacuer les traumas de la vie. Pour dénoncer également, comme dans ce récent titre « Fifa », les abus d'une société tournée vers l'argent : « C'est un morceau qui est un peu une autocritique parce que j'aime beaucoup le foot, mais c'est aussi une critique de la société capitaliste. Et ça a contribué aussi à maintenir un certain culte de la victoire, de l'argent, d'écraser les autres dans la compétition. Et ce n'est pas ce qu'on peut souhaiter à un pays comme le Maroc qui a qui a vraiment besoin de cet argent-là dans l'éducation et dans la société. »
Sami Galbi mène donc sa révolution en chanson. Critique certes mais aussi sacrément festif sur la scène qu'il transforme en dancefloor géant, en mêlant ses puissants riffs de guitare avec des percussions et des nappes électroniques. Un appel à la fête tout en restant sacrément conscient et actif pour réveiller nos consciences et poursuivre la quête d'un monde plus juste : « Cela exprime une vision du monde et peut-être des valeurs aussi. C'est important pour moi, ce seraient des valeurs d'inclusion, des valeurs de respect, de tolérance et puis aussi des valeurs humaines, des valeurs antiracistes, anticolonialistes. Voilà des choses qui, à mon sens, ont toujours besoin d'être affirmées aujourd'hui. Donc c'est aussi pour ça que qu'on fait de la musique. »
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