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Wednesday, September 30, 2026

En Éthiopie, les combats reprennent dans un contexte international explosif

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Les affrontements qui s’intensifient depuis plusieurs jours entre le pouvoir central éthiopien et les rebelles du Tigré. L'inquiétude est vive qu’ils dégénèrent en véritable guerre civile comme celle qui a fait plus de 600 000 morts entre 2000 et 2022. Entre braises mal éteintes et rivalités ethno-politiques, les causes internes sont nombreuses, mais ce conflit s’inscrit aussi dans un contexte régional complexe.  

Dimanche, le chef d’état-major de l’armée éthiopienne accusait directement l’Érythrée, le Soudan et l’Égypte d’aider les rebelles du Tigré. C’est difficile à prouver, mais c’est vrai qu’il y a des enjeux géopolitiques entre l’Éthiopie et ces trois pays. L’inimitié entre l’Éthiopie et l’Érythrée est bien connue, elle date de l’indépendance érythréenne acquise en 1993 par referendum après trente ans de conflit armé. Depuis, l’Éthiopie est devenue un pays enclavé, privé d’accès à la mer Rouge, un axe majeur du commerce mondial, ce qui crée des tensions géopolitiques dans toute la Corne de l’Afrique.

Le Nil et l'accès à l'eau douce

Il y a aussi une question d’accès à l’eau douce qui crée des tensions. Cette fois entre l’Éthiopie d’un côté et le Soudan et l’Égypte de l’autre. C’est la question fondamentale du Nil, source quasi unique d’eau douce pour ces pays. L’an dernier, l’Éthiopie a achevé et inauguré sur le Nil Bleu le grand barrage de la renaissance, un énorme projet, construit principalement pour combler ses besoins en électricité. Les deux pays en aval craignent pour la sécurité de leurs propres installations hydroélectrique et pour le débit de l’eau qui leur sert pour leurs besoins agricoles et donc alimentaires. Là aussi, c’est source de tension.  

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Implications au Soudan

Et puis il y a la guerre au Soudan. Elle dure depuis plus de trois ans et rien ne semble pouvoir l'arrêter. L’Égypte, directement concernée par ce qui se passe à sa frontière sud, soutient les forces armées soudanaises du général al-Buhran. Et l’Érythrée servirait aussi de plate-forme logistique et d’approvisionnement pour ce même gouvernement de Khartoum. Bien qu’elle nie, l’Éthiopie est aussi impliquée dans ce conflit. Elle soutient la rébellion soudanaise des forces de soutien rapides du général Hemedti. Des images satellites montrent avec certitude un camp pour accueillir et entraîner les FSR près de la frontière entre les deux pays. Cette base s’est même étendue ces derniers mois et de nouvelles implantations ont été repérées.  

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Puissances extérieures à l'Afrique 

Et pour construire ces installations, l’Éthiopie n'était pas seule. C’est là que la focale s’élargit encore. Elle est soutenue par les Émirats arabes unis, qui bien qu’ils s’en défendent, soutiennent militairement les FSR au Soudan. Ils construisent une influence dans la région, où ils ont des intérêts à protéger. Par exemple, c’est une société émirienne qui opère le port de Berbera, au Somaliland, territoire revendiqué par la Somalie, mais qui a déclaré son indépendance. Indépendance reconnue pour l’instant par un seul pays, Israël, allié des émirats depuis les accords d’Abraham. Les émirats entretiennent aussi leur rivalité régionale avec l’Arabie saoudite, soutien du Soudan, et occupée à combattre actuellement les rebelles houthis du Yemen, juste en face pour le contrôle du détroit de Bab-El Mandeb. Et de la mer Rouge. Autant d’influences étrangères qui donnent à la crise éthiopienne le potentiel de déstabiliser encore davantage toute la Corne de l’Afrique et au-delà. 

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