Ce constructeur automobile chinois veut lui aussi produire en Europe pour éviter les taxes

Après BYD et Leapmotor, Great Wall Motor souhaite à son tour renforcer sa présence industrielle en Europe. Le constructeur chinois prévoit de produire son SUV électrique Ora 5 en Bulgarie dès 2027, avec des ambitions bien plus importantes à moyen terme.
Après une vague d’arrivée de constructeurs chinois en Europe qui importent leurs modèles hybrides ou électriques produits sur le Vieux Continent, ces nouveaux acteurs cherchent pour certains à installer une partie de leur production en Europe. C’est désormais le cas de Great Wall Motor (GWM), qui va s’appuyer sur la Hongrie.
L’Europe accueille de nouveaux investisseurs
Si les constructeurs chinois sont toujours mal vus par la concurrence européenne puisqu’ils arrivent avec de fortes ambitions et parfois des modèles très concurrentiels, les pays d’Europe changent peu à peu leur vision du sujet. Si l’Europe a d’abord mis des barrières à l’entrée pour favoriser les constructeurs européens historiques, la perspective de voir les constructeurs chinois investir en Europe pour produire des véhicules séduit certains pays.
Great Wall Motor s’affaire à démarrer une production européenne pour ses véhicules électriques dès 2027. Le constructeur, dont le nom signifie littéralement « La Grande Muraille », devrait produire son SUV Ora 5 en Bulgarie chez Litex Motors. Dans le cadre des activités de GWM, cette collaboration n’est pas vraiment nouvelle : la société bulgare produisait déjà pour Great Wall Motor des véhicules à partir de kits expédiés depuis la Chine.

Et le cas de Great Wall Motor n’est pas isolé. Plusieurs constructeurs chinois veulent produire en Europe pour éviter les taxes d’importation appliquées par l’Europe sur les véhicules électriques produits en Chine. BYD a construit une usine en Hongrie pour la production des BYD Dolphin Surf et BYD Atto 2, MG s’intéresse à des sites de production en Espagne et Dongfeng devrait voir certains modèles être produits dans l’usine Stellantis de Rennes, tout comme Leapmotor produit les B10 et C10 dans l’usine de Saragosse de Stellantis. Cela permet de stimuler l’appareil industriel européen, qui avait vu son activité ralentir à mesure que les ventes de voitures neuves se sont réduites.
Des objectifs ambitieux
Si GWM prévoit de produire son SUV électrique Ora 5 en Bulgarie, c’est que la marque a des objectifs ambitieux. Pour l’instant, seul ce modèle électrique au format plutôt adapté à l’Europe sera produit sur le Vieux Continent, mais plusieurs modèles devraient le rejoindre dans l’usine de Litex Motors. En effet, Great Wall Motor a un objectif de 60 000 ventes annuelles en 2027, mais espère produire 300 000 véhicules en Europe d’ici deux ans. On dépasse alors le stade de la petite production en Europe d’un modèle spécifique pour éviter les taxes : GWM semble vouloir mettre un pied en Europe en étant très ambitieux sur les volumes de production.

Avec cette production en Europe, GWM pourrait éviter les 30,7 % de taxes d’importation que l’Europe applique sur ses voitures électriques produites en Chine. Ce qui pourrait grandement améliorer la compétitivité tarifaire de ses produits. En revanche, l’obtention du bonus écologique n’est pas garantie en France, car il s’agit d’une production à partir de kits venant de Chine. L’histoire nous a montré, avec les kits de la Leapmotor T03 assemblée à Tychy, en Pologne, que cette stratégie n’était pas toujours suffisante pour satisfaire à l’éco-score nécessaire à la prime Coup de pouce CEE en France.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.