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Saturday, October 10, 2026

Les échafauds quitteront la façade de la basilique Notre-Dame

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(Montréal) Après dix ans derrière les échafauds, la basilique Notre-Dame de Montréal prépare le grand dévoilement de sa façade, prévu pour le 25 octobre.

Publié à

Alexis Drapeau-Bordage La Presse Canadienne

Un spectacle gratuit de la Société philharmonique du Nouveau Monde et de l’organiste Jean-Willy Kunz est prévu pour l’occasion.

Les places à l’intérieur de la basilique ont déjà toutes été réservées, mais les personnes n’ayant pas pu se procurer de billets à temps pourront admirer la façade restaurée en profitant d’une pièce en plein air devant la basilique avant le début du concert dans l’église.

Si la restauration de la façade est complète, la basilique a plusieurs années de travaux devant elle. À peu près 20 % des travaux nécessaires ont été accomplis, a indiqué le directeur général de la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal, Michel Issa.

Il estime à quatre ans les travaux nécessaires pour l’extérieur de l’église, notant que ce chiffre était possiblement optimiste. Pour les restaurations à l’intérieur de la basilique, il prévoit cinq à dix ans encore.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Si la restauration de la façade est complète, la basilique a plusieurs années de travaux devant elle.

L’entièreté de la restauration, intérieure et extérieure, représente 100 millions, selon M. Issa. Pour financer ces travaux, la basilique organise des concerts-bénéfice, perçoit des gains de son comptoir à café Le Firmament – en partenariat avec la bannière Café Saint-Henri – et organise des levées de fonds.

La dernière campagne de collecte repose sur une idée nouvelle : laisser sa trace virtuelle sur les pierres de l’église.

Les donateurs ont l’option de « parrainer une pierre » et d’y apposer un message numérique, privé ou non, sur la face du bâtiment.

« On aurait voulu graver les pierres elles-mêmes, mais, malheureusement, c’est un cauchemar logistique infernale impossible à faire », a expliqué M. Issa, ajoutant que le processus réduirait la durabilité des pierres.

Les messages seront visibles, grâce à un téléphone cellulaire, directement sur la façade de l’église, à l’aide de la réalité augmentée, ou ailleurs en projetant un modèle de cette dernière sur une surface plane. Ce processus de réalité est semblable à celui utilisé il y a quelques années par l’application virale Pokémon Go, a fait remarquer M. Issa.  

S’il est déjà possible de parrainer une pierre, les messages ne pourront être retrouvés qu’à partir de la prochaine phase du projet, début 2027.

Des travaux complexes

Si les travaux demandent autant de fonds, c’est qu’ils concernent la structure entière.  

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

L’entièreté de la restauration, intérieure et extérieure, représente 100 millions.

« Toute la maçonnerie est à reconsolider et à restaurer sur l’ensemble du bâtiment », a affirmé Mathieu Verreault, directeur des affaires touristiques et des opérations de la basilique.  

« Avec des années de gel et dégel, la pierre a fini par fendre à plusieurs endroits », a-t-il ajouté.  

Les pierres formant la basilique provenaient d’une ancienne carrière du Mile End. Celles qui ont été mises en hauteur ont été récupérées au fond de cette dernière et étaient de moins bonne qualité, a noté M. Verreault.

En plus de cela, certaines ont été placées « dans le mauvais sens ». « C’est de la pierre sédimentaire, donc il y a des couches et il faut les poser horizontalement. Si on les pose verticalement, les pierres sont plus perméables à la pluie », a-t-il expliqué.  

Une partie du mortier qui tenait les pierres a également été remplacé par de l’époxy dans le passé, ce qui a eu l’effet d’exercer une plus grande pression sur les pierres.

« Les gens faisaient au mieux de leur connaissance à l’époque, et, évidemment, à long terme, tous ces choix qui se sont révélés douteux avec le temps amènent la situation que l’on connaît aujourd’hui », a résumé M. Verreault.

Ces fragilités extérieures affectent aussi l’intérieur du bâtiment, l’infiltration d’eau et les problèmes d’humidités menant, par exemple, à la détérioration de décors peints.  

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

L’intérieur de la basilique Notre-Dame

Ces derniers, d’ailleurs, ne sont pas repeints. La paroisse essaie plutôt de recoller chaque écaille de peinture. Un processus que M. Verreault décrit comme étant « très demandant, très long, mais c’est la bonne pratique en patrimoine ».

L’étoilée voûte bleue de la basilique fait partie des zones qui devront être restaurées.  

« On parle d’un échafaudage d’une dizaine d’étages de haut, qui fait en sorte que nos concerts de musique et nos visites vont être fort probablement interrompus », ce qui coupera les revenus de l’église, a prévenu M. Issa.

Si tous ces travaux ne sont pas faits, la dégradation menace d’avancer de manière exponentielle, causant encore plus de problèmes à l’avenir.  

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