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Friday, October 9, 2026

Mobilisation des lycéens en France: l'ONU «inquiète» face aux violences, le mouvement appelé à se poursuivre

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Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a dit, vendredi 9 octobre, suivre avec « inquiétude » les « incidents » liés aux manifestations des lycéens en France et a appelé au maintien de rassemblements pacifiques et à un usage proportionné de la force. De leur côté, les syndicats lycéens et étudiants appellent à poursuivre la mobilisation. 

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« Nous suivons avec inquiétude les incidents liés aux manifestations étudiantes et aux blocages de lycées en France, dont certains ont dégénéré en violences », a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat, Shabia Mantoo, lors d'un point de presse à Genève. « Nous appelons chacun à veiller à ce qu'elles (ces manifestations, NDLR) restent pacifiques et à ce qu'il n'y ait pas de recours disproportionné à la force de la part des forces de l'ordre. Le droit de réunion pacifique doit être respecté », a-t-elle ajouté.

Depuis le début de la mobilisation le 17 septembre, marquée par des violences à six mois de l'élection présidentielle, les lycéens français réclament de meilleures conditions d'apprentissage, une rénovation du bâti et la suppression de la sélection par la plateforme d'orientation Parcoursup.

Des lycéens gravement blessés

Le mouvement a donné lieu ponctuellement à des violences (bâtiments et poubelles incendiés, mobilier urbain détruit…), jugées d'« inqualifiables » par le gouvernement, et la réponse policière a été vivement critiquée. Dans les manifestations, les slogans contre les violences policières occupent une place presque aussi importante que les revendications sur le manque de moyens.

Un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade à Lens (nord) lundi. À Tours (ouest), un lycéen de 16 ans a perdu l'usage d'un œil lors d'un blocus, le parquet évoquant des lésions « compatibles » avec un tir de lanceur de balles en caoutchouc. Les images des manifestations, un peu partout en France, sont restées frappantes jeudi, en particulier à Paris, où plusieurs dizaines de milliers de personnes rassemblées place de la Bastille ont été évacuées par les forces de l'ordre en début de soirée avec usage de gaz lacrymogène.

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Les syndicats demandent des réponses sur Parcoursup

Au lendemain des annonces du ministre de l'Éducation nationale, au journal télévisé de 20 heures de TF1, le syndicat Les Étudiants reste très réservé. S'il salue des avancées sur la démocratie scolaire obtenues au ministère, le syndicat regrette le silence total du ministre sur Parcoursup. Une déception partagée dans les rangs étudiants.

Quant à l'annonce d'Édouard Geffray sur le déploiement de 3 000 professeurs dans les établissements qui en ont besoin, Louis Letoublon, représentant du syndicat Les Étudiants, attend de voir si cela va s'appliquer. Mais pour le reste, les promesses faites à huis clos au ministère restent très éloignées des attentes du terrain. « Sur Parcoursup et sur l'orientation, il n'en a pas parlé au 20 heures, mais il nous a promis qu'on allait avoir plus de transparence, qu'il allait faire en sorte d'anonymiser le lycée d'origine. Sur les blocus, sur les mobilisations, on demande l'abolition de Parcoursup, parce que ça reste un symbole de sélection que les lycéennes et les lycéens ne supportent pas, parce que ça étale le stress sur plusieurs années », explique-t-il au micro de RFI.

Car pour le syndicat, supprimer la sélection n'a aucun sens sans une hausse massive du nombre de places à l'université. Une exigence qui impose un véritable effort financier. « Investir sur la jeunesse, c'est aussi un pari qui doit être fait par la classe politique de se dire : "est-ce qu'on veut une génération dans laquelle on a investi, qui pourrait produire de la valeur ajoutée ?" », ajoute Louis Letoublon.

Faute de réponses globales, l'intersyndicale étudiante et professionnelle a donné rendez-vous pour des manifestations et la grève mardi 13 octobre, quelques jours avant le début des vacances scolaires.

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Une « nette décélération » du mouvement, avec une « dynamique très localisée », selon une source de l'exécutif

Le mouvement des lycéens connaît une « nette décélération depuis plusieurs jours », avec une dynamique désormais « très localisée » dans certains départements, du fait « soit d'une politisation locale, soit d'un vrai problème local », a rapporté vendredi une source de l'exécutif qui s'exprimait devant quelques journalistes, dont l'AFP.

Le mouvement est « en train de muter » et « on est sur quelque chose qui se politise et se durcit sur une assiette d'endroits (...) qui devient assez résiduelle », a-t-elle ajouté.

Selon une carte citée par cette source et consultée par l'AFP, les 141 lycées fermés vendredi sont situés essentiellement dans la région parisienne, d'où est parti le mouvement, le nord et le grand Ouest du pays, ainsi que près de Lyon.

Le coût des dégâts occasionnés en marge des actions des lycéens représente « au moins 30 millions d'euros », après addition des chiffres mentionnés par les différentes régions auprès des recteurs, a confirmé le ministère de l'Éducation nationale.

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