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Monday, October 5, 2026

Étude | Le stress modifierait la structure du cœur

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Le stress de la vie quotidienne pourrait provoquer, au niveau du cœur, des modifications structurelles qui augmentent les risques pour la santé, suggère une nouvelle étude britannique.

Publié à

Jean-Benoit Legault La Presse Canadienne

Ce stress serait à l’origine d’une inflammation de faible niveau qui, au fil du temps, modifie la structure physique du cœur et augmente le risque de problèmes de santé graves, comme un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral.

« (Les auteurs de l’étude) ont utilisé beaucoup de données d’exposition à des facteurs de risque cardiovasculaire pour faire une association avec l’inflammation, et ensuite faire une association avec le remodelage cardiaque comme étape subclinique avant de développer les maladies cardiovasculaires, a commenté le cardiologue Josep Iglesies-Grau, de l’Institut de cardiologie de Montréal.

« Et après, on fait une association entre les gens qui avaient plus d’inflammation versus moins d’inflammation, et c’est là qu’on voit qu’il y a plus d’évènements chez les groupes qui ont plus d’inflammation. »

Les chercheurs se sont intéressés à quelque 500 000 participants à une vaste étude britannique. Ils se sont notamment penchés sur des examens cardiaques, des marqueurs sanguins liés à l’inflammation, des informations génétiques et le taux de graisse corporelle.

Ils ont aussi étudié un peu moins de 200 « expositions environnementales », à savoir des facteurs comme le statut socio-économique, le tabagisme, la sédentarité, la taille du foyer, le niveau de solitude, l’anxiété, les habitudes de sommeil, l’alimentation, les difficultés financières, le divorce et les niveaux d’exposition à la pollution atmosphérique.

« Nos résultats montrent que l’inflammation systémique chronique est associée à un remodelage cardiaque caractérisé par une diminution des volumes ventriculaires, une altération de la fonction diastolique et une réponse chronotrope compensatoire », rapportent les chercheurs.

En termes clairs, ils ont constaté qu’une inflammation chronique plus importante était associée à des chambres du cœur plus petites et à des parois plus épaisses, ainsi qu’à moins de sang pompé lors de chaque battement cardiaque.

« Les personnes qui ont davantage d’inflammation ont aussi des cavités ventriculaires plus petites et un volume d’éjection inférieur, a dit le docteur Iglesies-Grau. Il y a aussi une altération discrète de la fonction diastolique. »

Sans grande surprise, les chercheurs ont également constaté qu’une inflammation plus élevée était associée à un risque plus élevé de crise cardiaque et d’AVC.

« L’inflammation systémique est reconnue comme un facteur pathobiologique clé dans le développement, la progression et les complications de nombreuses maladies cardiovasculaires, notamment l’athérosclérose, la myocardite et l’insuffisance cardiaque », écrivent les auteurs de l’étude.

Enfin, ils ont tracé une association entre un niveau plus élevé d’inflammation dans l’organisme et des indicateurs de précarité socio-économique et de détresse psychologique.

« Le déterminant le plus fortement associé à plus d’inflammation, c’était le tabagisme, on n’est pas surpris, l’adiposité centrale, on n’est pas surpris, a réagi le docteur Iglesies-Grau. Mais je trouve ça très intéressant de voir que la détresse psychologique est aussi associée de manière très forte (à l’inflammation). »

D’une certaine manière, a-t-il ajouté, « cette étude vient un peu élargir notre définition de la prévention cardiovasculaire parce qu’on voit apparaître le concept de santé psychologique et les déterminants socio-économiques ».

Les chercheurs soulignent qu’aucun lien de causalité n’a été démontré, mais les changements observés sont plausiblement attribuables à l’inflammation générée par le stress quotidien. Ils ont notamment identifié des protéines inflammatoires contre lesquelles on pourrait, un jour, développer de nouveaux médicaments.

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le European Journal of Preventive Cardiology.

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