Duhaime réduit le vandalisme d’un candidat conservateur à «une chicane entre voisins»
Le chef conservateur Éric Duhaime a passé l’éponge, vendredi, sur le vandalisme commis par son candidat dans Mégantic, Jimmy Gagnon, reconnu coupable en 2024 d’avoir détruit une partie de l’érablière de ses voisins âgés, à l’époque, de 77 et 79 ans. « C’est une chicane entre voisins, comme ça arrive dans bien des régions », a justifié le leader de droite.
Le jugement de la Cour supérieure, d’abord mis en lumière par Le Journal de Montréal, se montre cinglant à l’égard du candidat conservateur. Le juge Sébastien Pierre-Roy écrit que « Gagnon a démontré qu’il était prêt à déployer des efforts constants pour nuire aux opérations de Ferme Dalac. Il détruit les installations pour effacer les traces d’occupation et s’approprier les érables dans la zone en litige. Il bloque le chemin à plusieurs endroits avec une chaîne, un câble ou ses tubulures. Le sectionnement de la ligne d’eau est en droite ligne de ces agissements».
Le jugement reconnaît chez le couple « une certaine détresse causée par le souvenir de cette année difficile pendant laquelle Gagnon vandalisait sans conséquence le résultat de quarante années de travail ».
Devant le tribunal, Jimmy Gagnon a une version « fantaisiste » qui n’a « aucune assise dans la réalité », poursuit le juge. « Le Tribunal n’accorde aucune crédibilité à Gagnon qui n’a pas hésité à mentir de manière évidente pendant le processus judiciaire. »
Détournement d’attention
Mitraillé de questions, vendredi matin, sur la crédibilité de son candidat, Éric Duhaime a évité de répondre à plusieurs reprises, préférant détourner l’attention sur les dépenses de Christine Fréchette pendant un séjour à Paris.
« Le vrai scandale ce matin, ce n’est pas qu’il y a eu une chicane de clôtures il y a six ans entre deux personnes à Lac-Drolet, a répété le chef conservateur. Moi, je ne me mêle pas des litiges aux civils et des chicanes de clôture entre voisins. Ce qui m’intéresse, c’est la gestion saine des fonds publics. »
Directement questionné sur la légitimité, au Parlement, d’un député reconnu coupable de mensonge devant le tribunal, Éric Duhaime a répliqué que « si les gens qui mentent ne peuvent pas siéger à l’Assemblée nationale, je vous dis tout de suite qu’on n’aurait pas 125 députés au moment où on se parle ».
Le chef conservateur assure qu’au moment d’approuver la candidature de Jimmy Gagnon, aucune mention de son passé judiciaire n’apparaissait sur la liste fournie par le parti.
Onze candidats conservateurs ont fait les manchettes jusqu’ici en raison de leurs propos ou de leurs agissements passés. Tous portent encore les couleurs du Parti conservateur, à l’exception d’Éric Lanthier, un pasteur qui a quitté lui-même la course, cette semaine, pour éviter que ses propos homophobes et hostiles à l’avortement deviennent une « distraction » pour le PCQ.
Chaque fois, Éric Duhaime a accusé ses adversaires, et plus particulièrement la CAQ, de « fouiller dans les poubelles » pour nuire à sa campagne et à ses idées. Le fait que la plus récente histoire à faire la « une » soit tiré d’un litige civil représente même un progrès « très positif », a maintenu le chef conservateur.
« Ça veut dire qu’ils n’ont pas grand chose à dire contre notre programme et nos idées. »
La caravane conservatrice doit prendre, vendredi après-midi, la route vers Lac-Mégantic, pour une annonce dans le fief convoité par Jimmy Gagnon. Selon l’agrégateur de sondage Qc125, le conservateur arrive troisième avec 23 % des intentions de vote, derrière la candidate péquiste Debbie Fennety, à 24 %, et le député caquiste sortant, François Jacques, à 27 %. Ces projections, toutefois, comportent une marge d’erreur de plus ou moins 6 %.
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