Noyade d’un passager | Le capitaine de bateau Jean-Pierre Alarie reconnu coupable de négligence criminelle

Après neuf longues journées de délibération visiblement difficiles, le jury a finalement reconnu coupable le capitaine de bateau Jean-Pierre Alarie d’avoir causé la mort d’un touriste en raison de négligence criminelle, samedi avant-midi, au palais de justice de Montréal.
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Le 6 juillet 2024, une vingtaine de personnes célèbrent l’anniversaire d’un des leurs sur le fleuve Saint-Laurent à bord du yacht L’Océanne. Jean-Pierre Alarie est le capitaine en place. Alors qu’il se trouve à l’arrière du bateau, le touriste colombien William Eduardo Santander De La Hoz tombe à l’eau et se noie, ne portant pas de veste de sauvetage.
La poursuite reprochait à M. Alarie d’avoir fait fi d’un avis de Transports Canada. La veille de la croisière funeste, un employé de l’organisme fédéral lui aurait dit de ne pas transporter de passagers, car le bateau devait être inspecté et immatriculé adéquatement. Mais le capitaine a quand même pris la barre du navire avec une vingtaine de touristes à son bord, plaidait la Couronne.
De plus, de nombreuses mesures de sécurité avaient été ignorées par Jean-Pierre Alarie : le nombre de membres d’équipage était insuffisant, ils n’avaient pas suivi de formations d’urgence obligatoires et aucun bouton de détresse ou bouée lumineuse ne se trouvait sur le bateau, affirmait la procureure. Il n’y avait pas de rambarde à l’arrière du bateau, là où William Eduardo Santander De La Hoz est tombé dans le fleuve.
PHOTO TIRÉE DU COMPTE INSTAGRAM DE WILLIAM EDUARDO SANTANDER DE LA HOZ
Le touriste colombien William Eduardo Santander De La Hoz mort à Montréal à l’été 2024
M. Alarie niait toute responsabilité dans la mort du touriste colombien.
Le jury s’est rendu aux arguments de la poursuite en le déclarant coupable samedi, non sans difficulté.
Les discussions ont visiblement été houleuses pour les membres du jury, si bien qu’un des douze jurés avait été écarté jeudi pour des « raisons de santé ». Il avait été agressif et intimidant à l’égard de ses confrères. Il avait fait « pleurer la moitié » du jury pendant les délibérations, rapportait La Presse.
« Nous sommes dans une impasse ! ! ! », avait même écrit un juré mardi dans une lettre remise au juge Gregory Moore.
Dans ce contexte tendu, le juge Moore avait exceptionnellement autorisé les jurés à aller marcher dans le Vieux-Port et à passer un appel à un proche, sous écoute des constables spéciaux.
Dans les cas les plus graves, la mort par négligence criminelle est passible d’une peine de prison à vie. Il faudra toutefois attendre les prochaines étapes du procès pour savoir combien de temps Jean-Pierre Alarie devra passer derrière les barreaux.
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