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Saturday, September 19, 2026

Journalistes russes exilés en Pologne : le combat pour la liberté d'informer

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Micha Tcherniak s’est levé aux aurores pour rejoindre les studios de la télévision publique polonaise. Le journaliste, qui a quitté la Russie en 2010, est l’un des présentateurs de la matinale de Vot Tak. Sur son plateau, le ton est inhabituel pour une chaîne russophone : on y parle des victimes de la guerre en Ukraine, des opposants russes et bélarusses sans les dénigrer, et on dénonce l’attitude de Moscou vis-à-vis des Européens ces dernières semaines.

Que ce soit en Russie ou ailleurs, il y a une large audience qui a besoin d’informations en russe. Ce sont des personnes qui, sans nous et les médias comme le nôtre, dépendraient de chaînes comme Russia Today, pour avoir de l’information dans leur langue maternelle. Et on parle ici de chaînes qui sont davantage des sources de propagande que d’informations”, soutient le journaliste.

Le régime n’hésiterait pas à se rendre au domicile de nos employés

La rédaction est financée par l’argent public polonais, via le Centre des médias pour les étrangers. Quant aux émissions produites par les journalistes, elles s’insèrent dans les programmes de la chaîne bélarusse Belsat, basée à Varsovie depuis 2020 et dont les journalistes sont persécutés par le régime de Loukachenko au Bélarus.

Comme Micha, une partie des journalistes dans l’open space a fui la Russie ou d’autres dictatures russophones comme le Bélarus ou le Kazakhstan. La plupart sont considérés comme des “agents de l’étranger” et préfèrent travailler dans la rédaction de façon anonyme, explique le rédacteur en chef d’origine ukrainienne, Denys Shpigov. 

Le régime n’hésiterait pas à se rendre au domicile de nos employés pour faire pression sur eux, par l’intermédiaire de leurs familles, ou leurs proches s’il les reconnaissait”, explique-t-il, rappelant les risques encourus, même depuis l’étranger.

Arrivé en Russie juste après l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, Jenia a rejoint la rédaction de Vot Tak il y a deux ans. Le média indépendant dans lequel il a commencé sa carrière en Russie il y a 17 ans, est le dernier à avoir été interdit par le Kremlin. Mais aujourd'hui, refuse de juger trop hâtivement les journalistes intégrés au système de propagande. 

Nous, en étant à l'extérieur des frontières russes, on ne voit pas tout ce qui s’y passe. Pour le voir, il faut être sur place. Et pour être sur place et avoir un travail, il faut faire toutes sortes de compromis. Mais je suis convaincu que les journalistes qui sont restés là-bas seront considérés comme des témoins précieux pour le futur”, argue le reporter. 

Depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, près de 40 journalistes ont été assassinés pour leur travail en Russie.

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